‹ Le duel depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours (volume 2)Chapitre 52 sur 122 · HO · texte numérisé non relu

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« détachait ma cravate. Ma chemise de batiste , 4( seul lambeau qui me restât d'autref(ns, Ta fait en « quelque sorte hésiter un moment^ puis il s'est mis « à en couper le col.

« A cette précaution horrible, au saisissement de c< l'acier qui touchait mon cou , mes coudes ont « tresteiUi et j'ai laissé échapper un rugissement <' étouffé. La main de Texécuteur a tremblé : — « Monsieur, m'a- 1- il dit, pardon! est-ce que je (( vous ai fait mal. Cœ bourreaux sont des hommes « très doux^.

« I^ foule hurlait plus haut au dehors.

«Le gros homme au visage bourgeonné m'a « offert à respirer un mouchoir imbibé de « vinaigre.

« Alors l'un d'eux s'est baissé et m'a lié les deux « pieds au moyen d'une corde fine et lâche.

« Puis le gros homme a jeté la veste sur mon dos c et a noué les manches sous mon menton. . .

ec Ils disent que ce n'est rien, qu'on ne souffre a pas, que c'est une fin douce, que la mort de cette ;« façon est bien simplifiée.

a Eh ! qu'est-ce donc que cette agonie de six se- « maines et e râle de tout un jour? Qu'est-ce que « les aqgoisses de cette journée irréparalde qui s'é-

« coule si leotement et si vite? Qu'est-ce que cette « échelle de tortures qui aboutit à l'échafaud?

i( Apparemment ce n'est pas là souffrir.

« Ne sont-ce pas les mêmes conclusions y que le « sang s'épuise goutte à goutte où que l'intelli- « gence s'éteigne pensée k pçAséie?

a Et puis on ne souffre pas ; en sont-ils sûrs, qui <c le leur a dit ? Conte*t-^)n qu'une t^te cQup^ se a $oit drQsaée sanglaale au bore} du panier et q)i'ell« <( ait crié au peuple:

« Cela ne fait pas de mal.

« Y a-t-il des morts d^, leur façpn qiii soient ve- «nus les remercier et leur dire : C'est l^ten in- <E venté. Tenons-? nous en là. I^ mécanique est a bonne*

« Non, rien! moins qu'une mipute, moins qu'uiie M seconde, et la chose est faite. — Se sont-ils ja-^ a mais mis, seulement en pensée, à la place de celui a qui est là, au moment où le lourd tranchait qui « tombe mord la chair, rompt les nerfs, brise les

£< vertèbres Mais quoi! une demi-seconde I La

« douleur est esc2\motée. «

Horreur I.i.

(Victor Hugo.)

— Hi —

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