LE GROS , VALET DE BOURBEAU
GHABLOTTE COBDAT.
« Alors ^ sur cette place inondée de monde, de^ « vaut le palais des Tuileries en deuil , à l'endroit « même oii le sang d'un roi avait coulé, une belle et « intelligente tête de femme, à un mouvement de c( l'exécuteur et devant une multitude bruyante; « tomba. Il se fît alors dans la foule un grand si- « lence. Cependant , la guillotine était abreuvée. « L'orage éclata tout -à-fait. Une pluie abondante a descendit à larges gouttes. Quand un pareil sang c< a coulé sur le pavé d'une ville, il faut l'eau du « ciel pour le laver. La loi était satisfaite, cepen- « dant un valet de guillotine, Le Gros {ceci vaut « bien qu'on le nomme) ^ prit la tête de la morte par t ses longs cheveux et la souffleta à trois fois devant « tout le peuple. La tête rougit, belle et indignée sous
€< eet û front, le sentiment remnt sur ks joues éteins « tes pour accuser cet homme. Vn sourdmurmmne e'é- € levg alors de la foule,
« Ce valet de.bouireau fut puni par ïe Comité « révolutionnaire; puisïe-t41 Tavoir été plu6 tard « par sa conscience.
(Alphonse Ésquiros.)
Mais cette tête coupée n'était donc pas morte? Mais non elle n'était pas mortel... elle était toute chaude, et quand elle a rougi sous l'insulte du bourreaUy elle avait le sentiment de l'insulte et le senti* ment de la vie... Elle vivait !!....
Tout le monde sait que c'est aiï marquis César Bonesano de Beccaria , auteur des délits et des peines , que l'Europe est redevable de l'abolition de la torture et de l'amélioration des lois pénales. Quoique beaucoup qu'ait vieilli ce livre que Voltaire appelait le Code de V humanité y nous lui avons emprunté une longue citation sur la peine de mort! Au milieu de choses d'une vérité incontestable, il y a des choses que nous ne comprenons plus, sans application, Dieu merci, au XIX* siècle, et présentées souvent avec quelque embarras de style et peu de lucidité. Mais ce qui est resté une vérité, c'est ce que Beccaria a consigné dans la préface de son livre.
Voici où il prend l'origine de la barbarie des pei-
nei atroces^ c'est bien la peine d'en faire un rapide histedqne.
a Quelques débris de législation d'un ancien peuce pie conquérant ^ compilés par l'ordre d'un prince c< qui régnait, il j a douze siècles, à G)nstantinopl6, «r mêlés ensuite avec les usages des Lombards, et j a ensevelis dans un fatras volumineux de commen-^ <c taires obscurs, forment ce vieil amas d'opinions a qu'une grande partie de l'Europe a honorée du u nom de lois ; et aujourd'hui même le préjugé de « la routine , aussi funeste qu'il est général , fait « qu'une opinion de Carprow, un vieil usage indice que par Clarus (1575), un supplice imaginé avec c( une barbare complaisance par Farinaccio, sont les « règles que suivent froidement ces hommes qui a devraient trembler lorsqu'ils décident de la vie et a de la fortune de leurs concitoyens.
« C'est ce code informe, qui n'est qu'une mon- « strueuse production des siècles barbares, que j'ai « voulu examiner dans cet ouvrage, etc. »
Nous tenions infiniment à consigner ce fait.