CHAPITRE XXVJ
(( La peine de mort est-elle nécessaire, ou du « moins utile? je ne le crois nullement, et je me « fonderai sur des faits que chacun peut vérifier.
ail s'est commis des vols innombrables à la « place de Grève, sous la potence, au moment où c( ron y attachait des voleurs^ et plus que devant le (( pilori qui rassemblait moins de monde.
« Depuis un siècle, la peine de mort a été abo- « lie et rétablie plusieurs fois contre la désertion ; (( le nombre des déserteurs a toujours été le même, (( dans les périodes de l'abolition et dans celles du (( rétablissement. François P" fit des lois de sang, « contre le vol avec effraction ; ces lois n'ont été « abrogées que par la révolution; mais les juges, ce depuis vingt ans, en avaient restreint l'applica- « tion, au vol avec effraction extérieure et noc- « turne. Dans le siècle passé, et au commencement a de celui-ci, les vols avec effraction extérieure^ « ainsi que les autres y ont été infiniment plus cornc( muns que depuis.
« En 1724, on porta la peine de mort contre le (( vol domestique ; il fut fréquent^ tant que la loi « s'exécuta ; depuis trente ans, il ne se punissait « que comme vol simple.
c< Ënfin^ dans des temps de faction, on a vu cons- « pirer sous Téchafaud où totnbait la tête des consif pirateurs ou des séditieux ; et dans des temps « damnistie^ on a vu tout rentrer dans Tordre et « dans le devoir
ic C'est donc sur les mœurs et les circonstances « politiques d'un État^ bien plus que sur les lois <K pénales, que reposent la sûreté et la tranquillité a des citoyens. Là où les mœurs sont bonnes, les lois « cruelles sont sans nécessité ; là où les mœurs sont c< mauvaises, les lois cruelles sont sans force contre « le crime ; et, dans tous les cas, elles sont dange- « reuses.