LAVATER
« Une dame de condition du Rinthal, » dit Lavater, t voulut assister, durant sa grossesse, au sup- « plice d'un criminel , qui avait été condamné à « avoir la tête tranchée et la main droite coupée, (c Le coup qui abattit la main effraya tellement la a femme enceinte qu'elle détourna la tête avec un « mouvement d'horreur, et se retira sans attendre « la fin de l'exécution. Elle accoucha d'une fille qui a n'eut qu'une main , et qui vivait encore lorsque « mon ami me fit part de celte anecdote. L'autre
< main sorlil immédialemenl après Venfantemenl. »
Ailleurs il ajoute :
<' Voilà quelle fut, de tout temps^ rinfluence mo« « raie des supplices sur la vie future des citoyens. « Cette théorie est si juste, que les acéphales sont « plus fréquents dans les provinces, dans les villes « où le supplice capital est plus iréquenl ; tandis « que dans les villages, où la décapitation est incon- « nue, on n'en rencontre pas, à moins que des fema me^ enceintes n'aient été vivement frappées aila leurs par la vue ou par le récit du dernier supplice. c< Les peuples anciens, comme les peuples moder-» « nés, viennent à l'appui de cette proposition. Ainsi, c( en Egypte, où l'on appliqua la peine de mort « pendant quelque temps, on trouvait aussi des acéce phales, et nous devons aux laborieuses recherches « du célèbre professeur, Geoffroj-Saint-Hilaire, la « connaissance d'une momie acéphale (1).
« Il est donc incontestable que tous les vices de « conformation congéniale du cerveau, tels que c< coceycéphales, les cryptocéphales, les anencéc( phales, les leystencéphales, direncéphales, etc., « n'existent que chez l'homme, et ne sont si com- « muns aujourd'hui que par l'influence de la
Décapitation publique.
(1) Enfants venus sans tête.
Tel est aussi Topinion de SœmmeriDgt Sandfort^ Margagni et Henkel.
M Dès les premiers temps que la guillotine fut t introduite dans les Pays-Bas, une dame, au troiflc sième mois dç sa grossesse, traversa par hasard la « place où se faisaient les exécutions à Bruxelles. « Elle avait entendu parler de cet instrument nou- « vellement inventé, et déjà si célèbre. Le récit de « son mécanisme , joint aux souvenirs douloureux (( qui s'y rattachaient, la révoltèrent profondément. « Dans cette poéilion physique, et dans cette situa- « tion morale, elle vit une foule immense environ- « nerVéchafaud; elle parvint à connaître Tobjet de A la curiosité générale ; elle parvint à Tapercevoir, c et, soudain, elle tombe évanouie. Six mois après, t elle fut accouchée par le docteur Van-Opstal, c< Venfant portait sur Vune des joues V empreinte € linéaire^ parfaitement dessinée et très régulière, m de Finstrument du supplice, i»