INTRODUCTION IX
que le duel a complètement disparu de nos mœurs, alors qu’il est simplement devenu plus sérieux et plus discret,
Récemment, dans un grand quotidien, Maurice Hirsch, tout en constatant avec satisfaction la diminution du nombre des rencontres, en comptait encore une trentaine par an.
Comment s'expliquer la survivance du duel en présence de toutes les dispositions édictées, au cours des siècles, pour sa répression.
C’est peut-être dans l’étude de sa cause qu’il faut chercher la réponse à cette question! Que cette cause réside dans le « point d’honneur », c’est une idée fort ancienne et sur laquelle, pour une fois, tout le monde est d'accord.
On a beaucoup écrit sur le point d'honneur, mais il est curieux d'observer que les auteurs ont toujours négligé sa nature intime et son caractère. Tous ont vu que le point d'honneur oblige un galant homme à se battre ou à exiger une réparation lorsqu'il a subi quelque outrage et à ne point refuser un cartel, lorsqu'il est provoqué. Ils n’ont pas expliqué, toutefois, la cause de cette contrainte morale. Et quand ils nous disent «le point d'honneur est ce à quoi l’honneur nous oblige » ou encore « ce qui pique, ce qui excite en fait l'honneur et oblige à ne pas céder, à ne pas reculer » nous ne sommes guère plus avancés, avec de telles définitions.
En étudiant cette question de façon plus serrée, on constate que pour expliquer le point d'honneur