INTRODUCTION XI
sont précisément les gens qui nous entourent, dont nous partageons la vie intime, quotidienne, et avec lesquels nous avons le plus d'intérêts communs.
Ces sentiments, aussi louables qu’ils puissent nous paraître de prime abord, peuvent cependant, quand ils sont mal dirigés, conduire à des actes nuisibles, parfois même criminels.
C’est ainsi que dans la plupart des grèves, bien des ouvriers ne suivent les meneurs que pour faire comme les autres et pour ne pas se voir qualifier de « jaunes » ou de « renégats » par leurs compagnons de travail. Et puis aussi, combien de crimes commis par des malfaiteurs, uniquement par gloriole ou forfanterie, pour s’attirer l'admiration des « camarades »!
Toutes ces considérations expliquent à la fois et le duel, et les difficultés éprouvées par les pouvoirs publics pour en assurer la répression.
Il est admis presque par tout le monde que le duel est absurde parce qu’il fait triompher non pas le bon droit mais la force ou l’adresse et qu’il peut conduire à ce résultat paradoxal, choquant, que l’offensé à qui une réparation serait due, se trouve être parfois la victime.
Malgré tout, bien des gens continuent à se battre, de peur, en refusant d’aller sur le terrain, d’encourir la réprobation publique.
Les peines, quand les tribunaux en prononcent, en cessant d’être infamantes, perdent une partie ou la totalité de leur efficacité. Bien plus, la condamnation sera pour les duellistes un titre de gloire! Aussi,