‹ Le duelChapitre 90 sur 102 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

l'abbé Cela vous étonne?

LA DUCHESSE

Il n'est donc plus Tennemi, le tentateur, Tathée?^

Il respectera vos croyances.

Et vous n'avez pour lui ni haine, ni envie?

5 Ni jalousie.

Vous l'aimez?

l'abbé

LA DUCHESSE

l'abbé

Oui, je l'aime! Son bonheur futur, auquel il me plaît

de vous associer, me remplirait de joie et il me serait

plus tard ineffablement doux (Il s'émeut en prononçant ces

10 mots.) de penser que c'est à moi qu'il vous doit. . . .

Voilà mon conseil. Le suivrez-vous?

LA DUCHESSE

Je le suivrai. Oui. . . . Vous m'avez troublée, ranimée, ressuscitée ! J'en suis stupéfaite, ravie ! Et je vous admire, car vous avez eu tous les courages.

l'abbé Aucun.

Toutes les pitiés! Vous n'avez pas craint, dans le désir de le réhabiliter à mes yeux, de vous risquer à parler de Tamour, et en homme! comme si vous n'étiez pas prêtre! . . . Vous avez su trouver, avec quels purs s accents! la force et le moyen de me le faire encore mieux comprendre, sentir, aimer! . . . Oui, vous, Féternel isolé, le captif du célibat, du renoncement, des chastes vœux, c'est vous qui m'avez poussé la porte des paradis terrestres . . . qui vous sont défendus! lo

l'abbê Qui vous sont grands ouverts!

LA DUCHESSE

Et cela, vous l'avez fait avec une sublime simplicité. Je vous en remercie.

l'abbê Je ne le mérite pas.

LA DUCHESSE

Si. Je suis affranchie! Par vous! J'étais une 15 folle. ... Je m'acharnais à me duper. Depuis que vous me parlez, une inconnue, une femme nouvelle,

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