‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 2)Chapitre 17 sur 106 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

dans la cour de son palais. Je suis fouillé.

Mon bagage est ouvert. On y découvre différents objets sans valeur, je veux dire qui n'en avaient que pour moi : un crucifix, un drapeau français et un portrait de paysanne en bonnet lorrain, ma mère. Le tout ne valait pas dix francs. Sur le sol, on les met en tas et le mandarin, par indulgence, prétend me faire marcher dessus pour avoir ma liberté... Je n'avais qu'à obéir. Seulement, voilà... j'ai mauvaise tête... je n'ai pas voulu. Alors, on m'a un peu taquiné. Mais, deux heures après, j'avais la chance d'être délivré par une poignée d'Européens résolus mis au courant de mon embarras. Vous voyez à quoi se réduit l'incident? (Touchant •» croix.) Quand je pense qu'ils m'ont décoré pour ça!

LA DUCHESSE

Qu'est-ce qu'ils vous avaient fait, quand ils vous ont torturé?

L'ÉVÊQUE

Je seraîs bien en peine de le dire. Madame, j'ai des troubles de mémoire. C'est la raison pour laquelle j'ai dû venir ici.

LE DOCTEUR, à la duchesse.

Moi, je vais vous le dire. Avec des aiguilles, on a commencé...

L'É V Ê Q U E , à la ducheste.

Ne l'écoutez pas, madame, il va vous raconter des histoires d'opérations...

LE DOCTEUR

... Par lui détacher tous les ongles d'un pied...

L'ÉVÊQUE, protestant.

C'est faux ! Pas tous.

LE DOCTEUR

Et puis d'une main.

L'ÉVÊQUE

Ne continuez pas, cher monsieur !

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