‹ Le duel; pièce en trois actes (volume 2)Chapitre 94 sur 106 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

L'ABBÉ

Je n'ai plus l'esprit. Alors, à quoi bon la soutane?

L'ÉVÊQUE

Elle est votre seule sauvegarde. Si vous avez le malheur de la quitter, vous en serez inconsolable! Et puis, vous ne voyez pas clair en vous-même. Vous et votre pénitente, vous êtes les prisonniers, les forçats du scrupule ! Il vous affole au point de vous avoir persuadés que vous êtes coupables d'une faute impossible et que vous ne commettrez jamais. Je connais cela, j'y ai passé. Vous vous accusez des pires hontes et vous n'avez pas la plus légère faiblesse à vous reprocher.

L'ABBÉ

Si. Moi, plus d'une!

L'ÉVÊQUE

Allons donc ! Vos deux consciences n'ont

jamais été si belles qu'à la minute où vous m'étalez leur prétendue indignité. Et à cette même place où vous me parlez de déserter l'Église, M"* de Chailles, tantôt, se désolait de ne pouvoir entrer en religion?

L'ABBÉ, joyeux.

Vraiment? Elle vous l'a dit? Et vous l'avez encouragée dans cette pensée future?

L'ÉVÊQUE

Moi? De quel droit?

L'ABBÉ

Quoi? Ne trouvez-vous pas que, pour une âme tourmentée d'infini et lasse du siècle, la vie du cloître est la plus; enviable?

L'ÉVÊQUE

Oui. Mais le cloître n'est pas où sont les cellules et les grilles.

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