‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 7 sur 118 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

blan te épaule, et mon cœur innocent battit si fort qu'il me fit croire que je l'aimais.

Voilà ma vie d'hier. Celle d'aujourd'hui, docteur, après toutes les confidences que j'ai été amenée à vous faire, vous la connaissez. Elle est plus affreuse encore.

Après avoir aimé...

LE DOCTEUR

Non! non! Vous avez cru aimer. Ce n'est pas cela, l'amour !

LA DUCHESSE

Non ! Allons! Tant pis pour moi! Tant mieux pour l'amour! En attendant, j'appartiens à mon maître, à ce malade, à ce corrompu, ce méchant qui n'aurait pas le courage de se tuer et qui m'en veut de l'avoir empêché de mourir, qui me hait surtout de ne pouvoir même plus me désirer, qui, dans huit jours, demain, va retomber dans son vice auquel aucune puissance humaine n'est capable de l'arra-

cher, que je vous ramènerai peut-être une seconde fois, furieux, se débattant sous la camisole de force, ou bien inerte, hébété de cocaïne et roulé dans une couverture.

Et j'ai trente ans, et je n'ai pas d'enfant... je suis seule...

LE DOCTEUR

Quoi? Parmi vos relations...

LA DUCHESSE

Oh! elles sont très étendues! Je vois beaucoup de monde, une foule d'étrangers intimes ! Mais je n'ai personne, comprenez-vous?

LE DOCTEUR

Pas une amie ?

A quoi bon? Elle mourrait ou nous nous fâcherions. Et puis, intimité d'homme ou de femme, aucune ne m'inspire confiance.

Les hommes ne pensent qu'à vous consoler et les femmes qu'à vous trahir.

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