ACTE II I
L'ABBÉ
Tu te briseras.
LE DOCTEUR
J'apprendrai d'abord à M me de Chailles ce que tu vaux, d'où tu viens... ton passé de. libertinage et de vice... tout ce que tu as apporté en cadeau à ton Dieu, que tu n'aimes pas!... que tu crains !...
L'ABBÉ
Tu commettras là une vilaine action et dont la honte ne rejaillira que sur toi ! La partie n'est pas égale, va!... tu ferais mieux de l'abandonner ! . . .
LE DOCTEUR
Oui, l'abbé.
L'ABBÉ
C'est à la hauteur du but qu'on juge une cause. Moi je n'ai en vue que le salut d'une âme et toi la capture d'un corps.
LE DOCTEUR
Cela ne te fait donc rien que je sois le tien?
L'ABBÉ
Nullement. Dans un pareil conflit, veux-tu me dire ce que ça pèse ? Mais je marcherais sur mon père !...
LE DOCTEUR
C'est beau, la religion !
L'ABBÉ
... Nous sommes frères? Après? Tant pis ! ... ou tant mieux ! C'est bien fait ! Ah 1 tu es athée? tu es savant? Tu ne crois pas aux miracles? et sans doute tu as quelquefois ricané : « J'en demande un? »
Tu es exaucé. Il y a ici, à Paris, des centaines de prêtres... Le seul que n'aurait pas dû découvrir M me de Chailles^ c'est celui-là même que, sans le vouloir, sans le savoir, elle discerne et choisit!.», celui