ACTE II
L'ABBÉ
Les deux n'en font qu'une.
LE DOCTEUR
D'accord, pour commencer. Mais voici que peu à peu l'amour du Rédempteur passe au second plan et l'intérêt de la pécheresse au premier... tu te complais à cette noble lutte... Avant même de ne rien savoir de la personnalité de ta précieuse fidèle tu as cependant déjà conscience d'être en commerce intime et privilégié avec une créature exceptionnelle, d'une intelligence et d'une sensibilité supérieures, et quand, enfin, tu la connais, qu'elle vient ici, lève son voile et que vos deux pâleurs se trouvent face à face ! . . .
Alors... Ah!...
Eh bien, quoi ?
LE DOCTEUR
Tu ne comprends pas ?
L'ABBÉ
Nullement.
LE DOCTEUR
... Alors, si affranchi que tu sois des réalités ! tu ne peux pas ne pas remarquer que cette femme est impressionnante... et douloureuse et belle I... car tu as le sentiment de l'art et de la beauté... C'est une justice à te rendre.
L'ÀÏTBÉ
Poursuis ? Achève ?
LE DOCJEUR
... Et brusquement, tu retombes sur terre!... L'âme? Où est l'âme?... Elle a pris corps ! . . . Au vent d'une robe de femme un frisson te passe et tu t'épouvantes d'être homme I