ACTE II I5J
L'ABBÉ
Non, ce n'est pas cela qui m'épouvante, mon ami... c'est la monstruosité des moyens déloyaux que tu ne crains pas de ramasser pour arriver, coûte que coûte, à l'assouvissement de ton désir ) Voilà ce que l'amour contrarié peut faire commettre à un honnête homme i Car c'est là ce qu'il y a d'affreux. Tu ne penses pas ce que tu dis !
LE DOCTEUR
Je le pense.
L'ABBÉ
Alors, tu es fou ! Plus fou que le plus fou de tes malades ! Mais non !... J'ai percé ton jeu... Tu veux me suggestionner ? Sois franc ! Tu prétends par tes insinuations gêner mon esprit, dérouter mon cœur ?...
LE DOCTEUR
Dans quel but ?
L'ABBÉ
Comment? dans quel but?... Ne fais pas l'innocent ?... Pour que je perde conscience de ma foi, de mes devoirs... que dans ma détresse je n'aie plus qu'une idée : fuir cette pénitente maudite qui menace mon honneur, mon repos... pour que je l'abandonne, et qu'alors, le lendemain, une fois qu'elle sera seule et à ta merci... tu la prennes tout à ton aise?
Voilà le plan ! Et je parierais que tu as dû déjà l'essayer auprès de la duchesse?
LE DOCTEUR
Je n'ai point de si vils calculs. Je dis ce qui est.
L'ABBÉ
Non!
LE'DOCTEUR
Alors ce qui sera.
L'ABBÉ
Non plus. Mille fois non ! Il est possi-