‹ Le duel, pièce en trois actes (volume 4)Chapitre 92 sur 118 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

joindre et j'appelle à mon secours un Dieu lointain qui ne bouge pas. Voilà où j'en suis.

L'ÉVÊQUE

C'est tout cela? Pauvre femme! Ce n'est

rien. (Sur un geste d'elle.) Eh! Oui ! VOUS VOUS

étonnez! Vous vous admirez souffrir ! Vous pensez que vous êtes en butte à la grande tentation? Que Satan vous a prise à part?

Orgueilleuse ! Pas si vite ! Le docteur Morey vous a dit de mauvaises paroles !

En quoi doivent-elles vous troubler ? Ce n'est qu'un jaloux. Presque à plaisir vous vous targuez d'une faute chimérique ! Il n'y a, entre l'abbé Daniel et vous qu'un fantôme... et c'est vous, c'est votre imagination d'Eve inquiète et jamais en repos qui l'avez créé, tiré du néant.

LA DUCHESSE

Pourquoi Taurais-je fait ?

Pour vous attribuer le mérite et le privilège d'en être harcelée ! Vous jouez à cache-cache avec le péché !

LA DUCHESSE

Enfin... je ne puis rester ainsi entre ces deux hommes qui occupent et ravagent ma vie ! Il faut, sinon pour mon salut, du moins pour ma tranquillité, que je m'en débarrasse! Et je crois avoir trouvé le moyen.

L'ÉVÊQUE

Ah! Lequel?

LA DUCHESSE

Je n'espère plus que M. de Chailles ait encore un bien long temps à faire semblant de vivre.

L'ÉVÊQUE

Qui sait?

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