LE I>VEL
les uns humant le moka, les autres jouant au carambolage, ceux-ci faisait un cent de piquet, ceux-là causant à bâtons rompus.
Nous étions de ces derniers, Olivier, trois autres officiers et moi.
A une table voisine, le lieutenant Trouillefou lisait béatement le Stècie en^culottant sa nouvelle pipe.
Je me souviens que le lieutenant Maudorée de Yaucbabert, qui avait été passer un congé
Dans les vallons de THelvétie
nous faisait part de l'impression saisissante qu'il avait ressentie en contemplant Tincomparable monument consacré par le génie de Thordwalsen et par l'âme de la Suisse, à ceux de ses enfants tombés au 10 août 1772, martyrs de Thonneur et de la fidélité.
— Pauvres Stdsses ! dit le lieutenant Boussîgnol. Ils n'ont vraiment pas eu de chance!
Dans toutes nos révolutions, ce sont eux qui ont reçu les premiers horions.
— C'est vrai, ajouta Olivier; c'est môme contre eux que les Parisiens du duc de Guise, le 12 mai 1588, firent leur premier essai de barricades.
Olivier n'achevait pas de parler qu'une trombe humaine s'abattait sur lui en même temps qu'un soufflet retentissant le frappait à la joue.
Je ne saurais dépeindre le trouble indescriptible qui suivit cet acte d'odieuse violence.
Nous nous étions levés tous, brusquement, comme mus par le même ressort, pâles, suffoqués par l'émotion, atterrés.
Le lieutenant Trouillefou, plus rouge qu'une plaie vive, les yeux injectés, les lèvres écumantes, étranglé par la fureur, les poings en l'air, trépignant de rage, essayait de parler, d'expliquer sa brutale agression.
Debout aussi, pâle comme un suaire, mais une joue marbrée de sang, frémissant de colère, de surprise et de honte, écrasé par la violence et la soudaineté de l'outrage, le lieutenant Fontaine fixait silencieusement le
misérable avec des yeux fulgurants, où roulait de grosses larmes.
— Mais enfin, dis-je à ce bourreau, pourquoi avez-vous frappé un camarade au visage ?
— Oui, oui, pourquoi I répéta le groupe des officiers qui se pressaient haletants d'émotion autour des auteurs de cette lamentable scène.
Le lieutenant Trouillefou, faisant un effort surhumain, essaya de balbutier quelques paroles.
— Bar...ri...cadesî fit-il. en secouant les poings. Il a parlé de barricades... pour m'insulter encore!... Des barricades... dans Paris... et aussi des Suisses!... Je ne veux pas qu'on m'insulte... ou je cogne !... Voilà!
Oh ! la brute!... Et penser que ce phénomène de bêtise et d'ignorance portait le même uniforme, la même épaulette et la même cocarde que moi !
Olivier, rendu à lui-môme par les paroles du barricadier, essuya ses yeux, prit son bonnet de police et sortit en jetant ces deux mots à la face de Trouillefou :
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— Bête et lâche I
— C'est bon, c'est boul... rugit le héro& de Juillet, On se battra, parbleu !
Je sortis derrière Olivier.
— Où vas-tu? lui demandai-je d'un ton fraternel.
— Je ne sais pas, me répondit-il d'une voix brisée, mais je souffre bien!
— Viens chez nous, tu reprendra du calme et nous pourrons parler raison.
— Non, laisse-moi seul.
— Je manquerais à l'amitié en t^obéissant»
-r- Je t'en prie.
— Mais...
— Oh! je le veux! dit-il impérieusement.
— Tu méconnais ton meilleur ami, mon cher Olivier I repris-je avec tristesse.
— Pardonne-moi! s'écria-t-il en sanglotant, mais je te conjure de me laisser seul!
— Du moins, peux-tu me dire quand je te reTerrai.
— Ce soir, rue d'Argentré.
— A ce srtr donc, mon ami.
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n me jeta un geste d'assentiment et s'éloigna d'un pas rapide. Je le suivis du regard pendant un instant; puis, à sa démarche pleine d'égarement, j*eus peur de quelque résolution désespérée et je me lançai sur ses pas.
Je le vis entrer dans Téglise Saint-Pierre, où je me glissai derrière lui.
Olivier Fontaine marcha tout droit vers la chapelle de la Vierge, tomba lourdement des deux genoux sur la dalle et s'abîma dans la prière.
Il n'y avait là que deux jeunes femmes, belles comme des anges, qui considéraient avec des regards remplis d'étonnement et de tendre pitié ce jeune et séduisant officier, dont la prière était si fervente, si longue, et les yeux si pleins de larmes.
Caché derrière un pilier, j'observais, non sans ime angoisse poignante, celte scène étrange, baignée du jour mystérieux des vieux vitraux.
Olivier pria deux heures de suite; puis se relevant, toujours pâle, presque souriant.
transfiguré, il sortit de l'église, la tête haute, le regard fier et doux, le pas lent et ferme. Heureux voyez-vous, ceux qui savent et qui peuvent prier ainsi I
Je rentrai, sur les pas d'Olivier, dans notre riant logis de la rue d'Argentré.
— Je t'attendais! me dit-il en me prenant afiectueusement les mains.
— Eh bien ! mon pauvre ami ! la promenade t*a-t-elle porté conseil ?
— Tu crois donc que j'ai été me promener?
me répondit Olivier avec un sourire de reproche. Non, j'ai été demander conseil à quelqu'un dont la sagesse et l'affection ne m'ont jamais trompé.
— Tu es bien heureux!... Je n'ai pas be soin de te dire, n'est-ce pas, que je souffre autant que toi de ton injure, et que je ne te pardonnerais pas de me refuser l'honneur
de t'assister dans cette déplorable affaire.
— Je te remercie, mais je n'ai besoin d'aucune autre assistance que celle que j'ai déjà trouvée^ ainsi que je viens de te le confier.
— Je m'explique mal, mon ami; je voulais dire que je me mets à ta disposition pour régler la chose.
— Quelle chose?
— Mais la rencontre!...
— La rencontre? répéta Olivier en me regardant de l'air d'un homme qui tomberait des nues?
— Oui, le duel, enfin !
— Mais je ne me battrai pas, dit-il virement... Je ne dois pas me battre, je ne peux pas me battre!...
— Il le faut cependant !
— Qui m'y oblige?
— L'honneur du soldat.
— L'honneur du chrétien me le défend.
— Réfléchis donc, mon cher ami, repris-je avec douceur, que ce n'est pas pour rien qu'on porte l'épée, et que c'est bien le moins
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qa'un galant homme s'en serve pour sa légitime défense.
— Il n*y a de légitime défense que ce que Dieu permet, et Dieu ne permet pas le duel.
— Tu oublies donc que tu as été frappé au visage ?
— Je Toublie... et je lui pardonne.
— C'est admirable, c'est héroïque, c'est sublime moucher Olivier; mais nos camarades, tes chefs, le régiment n'oublient pas, et ils exigent que l'homme qui a l'honneur de porter l'uniforme ne puisse pas être suspecté I...
— Suspecté de quoi ?
•^ Mon Dieu l de manquer de courage.
— Il y a plus de courage, dans ma situation, à obéir à Dieu qu'à lui désobéir.
— Certes, mais le monde, l'armée, ne jugent pas ainsi.
— Dieu, qui lit dans mon cœur le voit et c'est assez.
— Quoi? ta résolution est prise?
— ' Inébranlablement.
— Je ne peux pas le croire, malgré ton assurance !
— Je ne me battrai pas.
— Mais alors, Olivier, que feras-tu? Car ta situation en face du lieutenant Trouillefou demande un prorapt dénoûment.
— J'irai le trouver et je lui dirai devant nos camarades : « Vous avez supposé que je voulais vous insulter; je vous jure sur mon honneur que vous vous êtes trompé et que jamais cette pensée ne m'est venue ; vous regrettez certainement, à présent, de m'avoir cruellement outragé; au nom du Dieu de miséricorde, je vous pardonne et j'oublierai. »
— C'est très-bien dit, mais Trouillefou te riras au nez et les camarades te tourneront le dos.
— Je ne peux admettre cela.
— Encore une fois...
— Mon cher camarade, interrompit le lieutenant Fontaine d'un ton grave et qui n'admettait pas la réplique, je te répète que ma résolution est inébranlablement arrêtée.
Que m'eût servi d'insister? Je pris le che-
min de l'escalier, en disant à Théroïque ascète :
— La nuit porte conseil ! Bonsoir mon pauvre ami.
La nuit ne porta pas conseil, au contraire :
le lendemain matin, je trouve le lieutenant Fontaine plus ancré que jamais dans sa chimère de pardon et d'oubli miséricordieux.
Ah ! si vous aviez vu ce remue-ménage dans le 21% du colonel au dernier pioupiou, loraque le bruit vint à se répandre que le lieutenant Fontaine, souffleté par un collègue, ne demandait pas raisoa de l'injure sanglante?
A la caserne, à la pension, dans les cafés, dans les salons, dans toute la ville, on ne parlait que de cela, et, sauf une douairière, deux épiciers et trois chanoines, c'était à qui dauberait sur mon pauvre camarade, assaisonné à toutes les épithètes du vocabulaire de couardise.
J'en avais 1» chair de poule, moi qui vous parle.
L'affaire prit de telles proportions, dans le régiment et dans la ville, que le colonel crut
de son devoir d'intervenir ; il manda Olivier et l'apostropha en ces termes :
— Oui ou non, lieutenant, avez-vous été souffleté par cet animal de Trouillefou?
— Oui mon colonel.
— Il faut vous battre,
— Non, mon colonel.
— Gomment, non I rugit le vieux grognard d'une voix tonitruante.
— Non, pour trois raisons, reprit Olivier avec fermeté.
— Voyons un peu vos raisons, monsieur^ dit le colonel d'un ton de dédain.
— Parce que le duel est contraire à la loi humaine, à la loi divine, au bon sens môme»
— C'est là tout !
— Oui mon colonel.
— Eh bien ! monsieur Fontaine, je vous préviens que si, d'ici à la fin de la semaine, vous n'avez pas demandé raison au lieutenant Trouillefou, je vous chasse du régiment.
Olivier bondit sous la menace outrageuse.
— On ne chasse que des valets coupables,, mon colonel.
— On chasse aussi, monsieur, les officiers qui déshonorent par leur lâcheté Tuniforme de leurs camarades.
— La loi de Dieu prime la loi des hommes.
— Ta, ta, ta, ta! Faites-vous capucin, alors! Vous vous battrez ou vous vous en irez ! Allez, monsieur, je ne vous retiens plus I
Après le colonel, se fut le général qui se mêla de l'affaire; il fit venir le lieutenant Fontaine, le sermona,robjurgua, le supplia môme, au nom de l'honneur du régiment et de Tarmée. Olivier répondit avec respect, mais fermeté, qu'il ne faillirait pas à Thonneur du chrétien.
— Mon général, ajoula-t-il, ordonnez-moi d'aller me faire tuer pour la patrie, pour la société, pour la religion, pour l'ordre, j'irai à la mort d'un pas allègre. Le vrai courage consiste à braver le respect humain quand il commande une mauvaise action.
— C'est bien, monsieur, conclut le général d'un ton sévère et menaçant, je vais en référer au ministre de la guerre.
Olivier s'inclina et sortit.
transfiguré, il sortit de l'église, la tête haute, le regard fier et doux, le pas lent et ferme. Heureux voyez-vous, ceux qui savent et qui peuvent prier ainsi !
Je rentrai, sur les pas d'Olivier, dans notre riant logis de la rue d'Argentré.
— Je t'attendais! me dit-il en me prenant afiectueusement les mains.
— Eh bien I mon pauvre ami I la promenade t*a-t-elle porté conseil ?
— Tu crois donc que j'ai été me promener?
me répondit Olivier avec un sourire de reproche. Non, j'ai été demander conseil à quelqu'un dont la sagesse et l'affection ne m'ont jamais trompé.
— Tu es bien heureux!... Je n'ai pas be soin de te dire, n'est-ce pas, que je souffre autant que toi de ton injure, et que je ne te pardonnerais pas de me refuser l'honneur
un lâche I Vous le forcez à se battre, il se battra; mais il met à ce duel une condition et vous supplie de l'accepter : c'est que tous ceux qui ont été témoins de l'outrage le soient aussi à la réparation.
— A la bonne heure ! dit le lieutenant Maudoré de Vauchabert.
— Soit! dirent plusieurs voix.
— Mieux vaut tard que jamais, grommela Trouillefou.
— Ce n'est pas tout, messieurs^ reprit Olivier; l'injure a été tellement grande qu'elle veut être lavée en proportion. C'est un duel à mort que j'exige, au pistolet, à cinq pas, une seul arme chargée. L'entendezvous ainsi, lieutenant Trouillefou?
Le barricadier, surpris par l'apostrophe, eut un instant d'hésitation ; il était hideux dans sa rougeur. Nous étions haletants d'émotion, et, pour ma part, j'étais ravi de l'attitude et du langage d'Olivier.
— Bravo I fis-je, voilà qui est parler!
— Il a raison, flrent plusieurs officiers. Il faut un duel à mort !
— Va pour un duel à mort ! grinça le lieutenant Trouillefou,
— C'est bien I dit Olivier. A demain donc, messieurs, à six heures du matin, * dans le bois de la Chavaudière, au carrefour des Trois-Louvards.
— J'y serai! répondit Trouillefou.
— Nous y serons ! dirent tous les officiers d'une même Yoiz.
Olivier souleva son bonnet de police et sortit du caié Cambronne. Je le suivis, et l'abordant d'un air joyeux, les mains tendues :
— Bravo, mon cher ami ! Te voilà donc revenu à la raison I Va, va, le Dieu des armées te protégera et pardonnera !. ..
— Attendez, pour me rendre votre amitié.
me répondit*il froidement, que vous m'ayez vu sur le terrain. A demain, mon cher camarade I
— A demain! répondis-je en rengainant ma poi^ée de main.
Et je rentrai au café, qui était littéralement en révolution ; tout le monde parlait
à la fois, avec une animation saisissante; on épiloguait à perte de vue sur Tincident de la soirée, et, je dois le dire, on était unanime à approuver le lieutenant Fontaine ; la sympathie de SCS camarades lui était rendue ; la délente était sensible, et, malgré la perspective funèbre du lendemain, chacun respirait plus à l'aise.
— Cane sera pas encore ma dernière pipel disait en s'eflforçant de rire le lieutenant Trouillefou, qui vomissait bouffées sur bouffées.
Mais personne ne sou riait plus aux saillies du barricadier.
Le lendemain matin, à cinq heures et demie, tous les officiers du 21® étaient déjà réunis au carrefour des Trois-Louvards. A six heures moins quelques minutes, Trouillefou se présenta, aSectant une désinvolture goguenarde. Un instant après, Olivier arriva d'un pas grave, et salua en disant d'une voix ferme :
— Je vous remercie, messieurs.
Le colonel était là naturellement; il avait
apporté les armes, une paire de superbes pistolets dont monseigneur le duc de Nemours lui avait fait présent au camp de Plélan.
Une seule arme fut chargée par le colonel, devant nous qui formions silencieusement autour de lui une haie vivante; puis les rangs s'ouvrirent, et le colonel s'approcha d'Olivier en disant :
— Lieutenant Fontaine, vous êtes l'insulté :
choisissez.
Olivier prit un des pistolets, sans hésitation, sans précipitation, et l'autre fut rerais au lieutenant Trouillefou.
Les adversaires furent placés en face l'un de l'autre, à cinq pas que compta le commandant Marbotin; puis les officiers se groupèrent, muets, anxieux, à droite et à gauche des combattants; alors le colonel leur dit en se découvrant :
— Allez, messieurs!
Olivier, calme, froid, sévère, ne fit pas un geste, pas un muscle de sa figure presque féminime ne remua; le lieutenant Troullle-
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fou abaissa son arme, et nous pûmes remarquer que son bras tremblait. II pressa la détente, le chien s'abattit, Tamorce seul fit feu.
Oh 1 alors, si vous aviez vu ce héros de Juillet, blême, hagard, titubant, vous auriez eu pitié de lui! Quelle victoire pour Olivier, le soldat chrétien, qui allait pouvoir pardonner Toutrage en brave !
Le lieutenant Fontaine, toujours calme et sévère comme un juge, leva lentement le pistolet à la hauteur du visage de son adversaire.
Un coup de feu retentit : le lieutenant Trouillefou tomba à la renverse, inondé de sang, le crâne effroyablement fracassé.
Un même cri d'horreur partit de cinquante poitrines : on s'élança vers le malheureux officier; mais, avant qu'on fût près de lui, Olivier, se jetant sur le cadavre, et plongeant sa main dans l'épouvantable plaie, couvrait du sang de la victime la joue qui avait subi l'outrage.
Et comme nous le considérions avec une surprise mêlée de terreur :
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— Eh bien? messieurs, dit-il d'une voix mâle et douloureuse, trouvez-vous que l'injure soit suffisamment lavée?
Puis il disparut sous bois, en courant comme un affolé.
Nous ne le revîmes plus. Le jour même, le lieutenant Fontaine avait quitté Nantes, après avoir envoyé sa démission au coloneL
Vingt ans après, j'étais commandant de chasseurs à pied ; mon bataillon fut envoyé en Italie pour déloger les chemises rouges du patrimoine de Saint-Pierre. La chose faite, peu de jours après le combat de Mentana, j'eus l'occasion de visiter, en compagnie du savant duc de L..., la fameuse chartreuse de Monte-Sant-Onofrio.
Le supérieur d'un aspect vénérable et d'une aménité paternelle, nous servait de guide à travers le monastère avec une charmante obligeance.
Tandis que nous admirions les prodigieuses sculptures du vieux cloître, un moine vint à passer devant nous; ses traits fins et
pâles, macérés et diaphanes, imprégnés de douleur et de suavité, me frappèrent en faisant surgir dans mon esprit un flot de souvenirs poignants.
— Olivier! m'écriai-je en tendant les bras.
Le moine tourna la tête d'un mouvement
machinal et fébrile, m'enveloppa d'un regard prompt comme l'éclair, puis s'éloigna d'un pas précipité, en laissant échapper im sourd gémissement.
— Signor ufflziale^ me dit le supérieur^ auriez-vous connu dans le monde, il y a vingt ans, le frère Pancrazio.
Ce n'est pas son nom, mon pèrel répondis-je en proie à une inexprimable émotion. I
— C'est son nom devant Dieu! La France est sa patrie ; il sortit des rangs de votre armée, à la suite d'un acte de désespoir, pour venir s'ensevelir dans cette Chartreuse sa jeunesse et son repentir.
— Pauvre Olivier ! C'était un saint au régiolent, mon père.
— C'est un saint me répondit le vénérable
supérieur avec une expression profonde de respect, en regardant s'éloigner le frère Pancrazio.