XXVI LE DUEL
loi ignorante et coupable. Elle serait brisée dès le jour où un galant homme serait condamné par elle à cinq ans de prison.
Les excellentes intentions de l'honorable sénateur font donc fausse route. Après les tempêtes et les hivers de 1870 et 1871, voici venu le temps des nids. On couve l'avenir. Il s'agit de vie et non de mort. Jamais les sénateurs, dont beaucoup se sont battus en duel, — j'ai été le témoin d'un des plus braves et des plus brillants, — ne voteront une loi qui aggrave le duel, de telle façon qu'un gentleman abandonné de témoins graves, obligé d'en payer quasi comme des commissionnaires, se fera tuer comme un chien par quelque loup. Le Sénat ne votera pas une loi que la Chambre des Députés, mieux avisée, rejetterait peut-être. En France, aucun parti politique n'osera soutenir une loi, qui tend à faire du descendant des Gaulois, un Français sans honneur et sans humeur.