AVANT-PROPOS
Si VOUS voulez abolir Tusage du duel , réglementez-le.
Ceci semble un parodoxe et n'est que Té* nonce d'une vérité évidente comme un théorème de géométrie.
Car, que l'on y réfléchisse. A quoi ont abouti les lois draconiennes éditées par Richelieu et Louis XIY ? Quelle impression aura produit le projet de loi déposé au Sénat par
XXYIII LB DUEL
rhonorable M. Hérold? Du bruit, pas autre chose. On Ta dit avant nous : les duels n'ont jamais été aussi fréquents qu'aux époques où ils ont eu le relief de la persécution. Une juridiction si sévère quelle soit n'extirpera — de longtemps encore du moins ^ une coutume fondée sur un sentiment qui rend l'honneur plus cher à l'homme que la vie.
Les grands hommes del' antiquité dansaient nus aux fêtes desLupercales, sans rien perdre de leur respectabilité, et, ne se battaient pas en duel.
Dans notre société moderne, les gens du peuple ne tirent pas l'épée pour un afTront, parce qu'ils ont moins besoin de l'estime publique que ceux d'un état plus élevé.
Ce ne sont ni les premiers ni les derniers qu'il faut faire poser devant l'objectif du moraliste.
Le « Je ne suis pas las de vivre » de César à Marc-Antoine qui le provoquait, nous semble aujourd'hui une insulte à la mémoire d'un