AL SR
Il reste à expliquer la fragilité extrême de certains malades, chez qui la simple absorption d’un verre d’eau suffit pour provoquer une forme sévère de dumping-syndrome. En outre, comment la “istension jéjunale peut-elle créer des troubles plus ou moins grands chez des malades présentant radiologiquement une même ni d'évacuation de Ja bouillie barytée ? | Là, tous les auteurs sont d’accord pour invoquer un désordre neuro-végétatif. C’est un fait connu que le dumping-syndrome s’observe surtout chez les neuro-toniques. ALVAREZ rapporte même des cas de dumping- syndrome chez des psychopathes non opérés. Une de ces observations est assez convaincante : il s’agit d’une jeune fille hyperémotive montrant des signes divers d’instabilité nerveuse : migraine, trouble de la régulation cardiaque, de la diurèse, de la circulation cutanée, etc. Cette jeune fille avait un dumping-syrArome chaque fois qu’elle absorbait rapidement un verre d’eau ou de lait froid. L’absorption d’un grand verre de lait ad- - ditionné de baryte permit de voir à la radioscopie: le liquide descendre rapidement sur le pylore ouvert et tomber dans l'intestin. La jeune fille présenta aussitôt un état de choc atténué, dû, semble-t-il, à la stimulation physique, par le HR nte froid, de la paroi intestinale.
ATVAREZ a vérifié le même fait chez entres hyperémotifs. Les troubles, survenant aussitôt après le repas, suggèrent l’idée d’une excitation mécanique des nerfs intestinaux.
Certains sujets présenteraient même un dumping-syndrome d’origine allergique. ALVAREZ rapporte un syndrome type, avec nausées, sueurs, sensation de chaleur et douleurs “pigastriques après absorption d’une tasse de chocolat auquel le sujet
p ARRET: Gr
était sensibilisé. Selon set auteur, il s’agit bien ici d’une réaction allergique.
Le fait de manger lentement, de prendre des aliments à la température du corps et parfaite- | ment isotoniques supprime les malaises. Pour AL- VAREZ, « les aliments se comportent comme des stimuli thermiques, chimiques ou mécaniques, vis-
ä-vis d’une muqueuse intestinale hypersensibili-
sée ». Il prétend que les troubles sont toujours en relation avec une hypercontractilité intestinale. Cette irritabilité anormale lui semble due aux vagues. | Cest également une hypervagotonie que STA- PLER incrimine dans la genèse du dumping-syndrome. La distension mécanique du jéjunum, zone reflexogène, aménerait une perturbation circulatoire locale et générale, se traduisant finalement par une anémie cérébrale responsable du tableau de lipothymie, de vertiges, de pâleurs, présenté par ces malades. Le mécanisme intime serait un désordre
englobant toute la sphère neuro-végétative, dont
dépend l’état des vaisseaux. La section des vagues empêcherait ces réactions pathologiques.
À l’appui de sa thèse, STAPLER rapporte un cas heureux où une vagotomie transthoracique bilatérale améliora merveilleusement un malade qui présentait, à chaque prise de nourriture, une forme de dumping-syndrome particulièrement sévère. La radioscopie montrait un jéjunum qui se distendait et se vidait rapidement. Le malade put reprendre une vie normale. La radiographie, faite plusieurs mois après la vagotomie, montra la distension du moignon gastrique : les dimensions de ce moignon étaient 2 fois plus importantes qu'auparavant: le péristaltisme était réduit, l'évacuation retardée: on n’observait pas de distension jéjunale.
shared) bdd si ai EF
Mais les auteurs sont bien loin d’être d’accord. Le plus souvent, la vagotomie n’améliore pas les malades. On l’accuse souvent même d’aggraver leur cas. IRVINE rejette la vagotomie, un des cas les plus sévères qu'il ait rencontré, étant survenu chez un malade où l’on avait associé la vagotomie à la gastrectomie. MookE a signalé un cas de dumpingsyndrome après vagotomie. MACHELLA souligne d’autre part que si l’atropine lui a permis d’obtenir quelques sédations heureuses, la vagotomie ne lui a jamais donné de résultat appréciable. Il donne même l’exemple d’un malade qui, après vagotomie, non seulement ne fut pas amélioré, mais présenta une dilatation jéjunale et des symptômes extrêmement sévères de dumping-syndrome.
. Enfin, cette intervention, que DRAGSTEDT a con- seillée comme traitement de l’ulcère gastro-duodénal, a contre elle de sérieux inconvénients. Nous citerons par exemple l’atonie des voies biliaires, une paresse pancréatique portant à la fois sur la sécrétion exocrine et sur la sécrétion endocrine, un retentissement possible sur le rein. L’on connaît, depuis REILLY, les conséquences d’une excitation du sympathique sur le rein, son rôle possible dans la pathogénie des néphrites hypertensives. Il ne paraît pas prudent de laisser ainsi le champ libre au tonus sympathique dans le territoire abdominal.
Le seul traitement efficace reconnu actuellement par tous les auteurs concerne avant tout la diététique.
Le malade doit prendre de petits repas espacés, pauvres en liquide et en sucre. Le liquide doit être absorbé de préférence entre les repas. La position couchée doit être observée dès l’ingestion d’aliments. L'emploi des sédatifs nerveux (gardenal), etc.) s'impose.
Le — 40 — 4 \ L’atropine et la belladone donnent des résultats variables, selon les-sujets et selon les auteurs.
CUSTER propose, pour retarder l’évacuation gas-
trique, de recourir soit à CIH dilué (10 à 12 gouttes, une demi heure avant les repas) soit à la prise, au début de chaque repas, d’un peu de crème où d'huile d'olive. SHAY et GERSHON-CAHEN ont montré expérimentalement que, dans ces conditions, la vidange d’un estomac réséqué qui se faisait habituellement en 15 minutes, ne se produisait plus qu’au bout d’une heure. Les lipides semblent agir par un mécanisme hormonal : en leur présence, la muqueuse sécrète une substance, l’entérogastrone, qui freine le péristaltisme gastrique. Cette substance se retrouve dans l’urine (urogastrone).
Le choix de la technique chirurgicale est très important. Les anastomoses larges, type Polya, favorisent une évacuation rapide, donc les manifestations de dumping-syndrome.
Les troubles sont moins fréquents et moins prolongés après un Hoffmeister-Finsterer qu'après un Polya. Ils n’existent pas après un Péan (Delannoy) ou un Shoemaker. |
Observations tendant à expliquer le mécanisme des troubles | de Dumping-Syndrome chez les __ Gastrectomisés
Nous avons pu observer, dans le service de M. le Professeur Merle, un cas de dumping-syndrome extrêmement instructif à divers points de vue. L
Il s’agit d’un homme de 40 ans, qui a subi, il y a quatre ans, une gastrectomie pour ulcère. Cet ulcère datait de 10 ans, et nous en ignorons le siège. La gastrectomie est probablement de type Polya-Finsterer.
Depuis son opération, soit depuis quatre années, cet homme a dû cesser tout travail normal, en raison de troubles douloureux gastriques persistants. Les douleurs sont permanentes, mais s’aggravent au cours des repas. Deux années auparavant, une exploration radiologique de la vésicule a été pratiquée, en raison de la sensibilité de la zone vésiculaire : l’examen a révélé une vésicule non imprégnée,