‹ Le FaiseurChapitre 4 sur 147 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

de cetle involontaire complicité, car je contribue à laisser éblouir...

MERCADET

Qui?

îmÊDIF.

Votre futur gendre...

mercadet (à part).

Vieux filou!...

BRÉD1F.

Mais je suis bon homme ; renoncez à votre droit de sous-location > et je vous donne trois mois de tranquillité.

MERCADET

Ah! un homme dans le malheur ressemble à un morceau de pain jeté dans un vivier : chaque poisson y donne un coup de dent. Et quels brochets que les créanciers!... Ils ne s'arrêtent que quand le débiteur, de même que le morceau de pain, a disparu! Ne sais-je pas que nous sommes en 1839? Mon bail a sept ans à courir, les loyers ont doublé. . .

BRÉDIF

Heureusement pour nous autres!...

MKRCADET.

Eh bien! dans trois mois vous me renverrez, et ma femme aura perdu la ressource de cette souslocalion sur laquelle elle compte en cas de...

BRÉDIF.

De faillite!...

MERCADET

Oh! quel mot!... les gens d'honneur ne le supportent pas!... Monsieur Brédif?... Savez-vous ce qui corrompt les débiteurs les plus honnêtes?... Je vais vous le dire : c'est l'adresse cauteleuse de certains créanciers, qui, pour recouvrer quelques sous, côtoient la loi jusque sur la lisière du yoI.

BRÉDIF.

Monsieur,je suis venu pour être payé, non pour m'entendre dire des choses qu'un honnête homme ne supporte point.

MKRCADET.

Oh! devoir!... Les hommes rendent la dette quelque chose de pire que le crime... Le crime vous donne un abri, la dette vous met à la porte, dans la rue. J'ai tort, monsieur, je suis à votre discrétion, je renoncerai à mon droit.

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