SCENE PREMIÈRE
Et le vent dans la plaine Faisait son bacchanal!...
Tout -à-coup, à ma vue,
Mon Sarrazin maudit Et s’anime et remue Et je crois qu'il me dit..,.
babet, accourant et criant.
Ah !
LES TROIS AUTRES, effrayés.
Ah ! quelle peur la transporte !
BABET
Je n’en puis plus et je suis morte !
LES TROIS AUTRES
Qu’as-tu donc pour nous faire ainsi tourner le sang? BABET.
Je viens de voir...
LES TROIS AUTRES
Hé bien?
BABET
Un grand fantôme blanc!
, LES TROIS AUTRES
Oii ça ?
BABET
Près du verger.
le bailli, avec colère.
Oh ! la folle imbécile !
C’est le pommier en fleurs que j’ai vu ce matin. BABET.
Oh ! c’est plutôt quelque lutin !
LE BAILLI
Silence ! et laisse-moi tranquille.
Reprise.
LE BAILLI el BASTIEN. LAURETTE et BABET.
Au diantre soient tous ces caquets Je n’aime pas tous ces caquets De revenants, de farfadets, etc. De revenants, de farfadets, etc.
(On voit un éclair.)
LE bailli, avec humeur.
Voilà l’éclair qui nous invite A dépêcher notre visite;
Allons, Bastion, allons, voyons,
Cours atteler et décampons.
(Daslien prend un flambeau t va jusqu’à la porte et s’arrête. )
les trois autres, pendant ce jeu de tc'ene.
De bavarder dans le village On a toujours, toujours la rage !
bastien, revenant au Bailli.
Mon parrain?...
LE BAILLI
Hein !...
BASTIEN
Il faut...
LE BAILLI
Hé bien ?
BASTIEN, avec son flambeau qui tremble.
Sans vous je n’ai pas le moyen De fiire obéir votre mule ;
Elle est fantasque et ridicule :
Il faut toujours, pour l'atteler,
Qu’elle vous entende parler.
LE bailli, lui prenant le flambeau.
Tais-toi, poltron, j’y vais aller.
BASTIEN
Avec vous elle aime à parler.
Le Bailli va a la porte et s’arrête.
LES TROIS AUTRES
De bavarder, dans le village.
On a toujours, toujours la rage !
LE bailli, revenant à Bastien.
Mon filleul...
bastien.
Hein?
LE BAILLI
Il faut...
BASTIEN
Hé bien?
LE BAILLI
Comme tu dis, le seul moyen
Avec cette mule rebelle
Est d’être deux tout auprès d’elle ;
Et tu vas venir avec moi :
Je ne puis la brider sans toi.
(Eclair et tonnerre un peu plus rapproché.)
BASTIEN
C’est le tonnerre ce me semble.