‹ Le farfadet operacomique en un acteChapitre 6 sur 22 · LAURETTE, BABET · texte numérisé non relu

LAURETTE, BABET

BABET, après avoir regardé l’horizon et fermé la porte du fond.

Oh! nous aurons bientôt une bourrasque, et ce n’est pas de bon augure pour vos fiançailles.

LAURETTE

Tais-toi, Babet, ne viens pas encore me donner des idées tristes. Je n'ai pas déjà le cœur trop content.

BABET

Oh! ça se voit de reste; et, tout en épousant Bastien, je sais bien que vous regrettez toujours mon cousin.

LAURETTE

Oui vraiment! nous nous aimions depuis l’enfance, et je le pleure depuis deux ans.

BABET

Ce pauvre Marcelin ! Quel gentil batelier! Faut-il que les Espagnols l’aient bombardé dans sa barque un jour c^u’il était de service pour ravitailler le fort voisin!... Ah! s il était encore de ce monde, il n’aurait jamais souffert que je fusse trahie par ce volage de Bastien !

LAURETTE

Tu dis donc que Bastien te faisait la cour?

BABET

Comment, s’il me faisait la cour!

1 er COUPLET.

11 me câlinait,

11 me répétait Que j’étais gentille,

Douce et bonne tille :

11 me déplaisait Et, foi de liabet,

Je fus très-surprise De me trouver prise!

Et, pour vous, voilà Qu’il me plante là !...

Ah! ah! ah! ah! ah L’amour nous captive,

Mais, hélas! voilà Et comme il arrive Et comme il s'en va !

2 e COCPLF.T.

LAURETTE

Moi, de Marcelin,

Ton gentil cousin,

J'avais la tendresse,

La foi, la promesse.

Nous avions au cœur Espoir et bonheur !

Après sa mort même Je sens que je l'aime !

Et cet amour-là Partout me suivra !

Ah ! ah ! ah ! ah ! ah !

Hélas ! si j'ignore Comme il arriva,

Je sais moins encore Comme il s’en ira !

BABET

Voilà une jolie vocation pour devenir la femme de Bastien et me voler mon amoureux.

LADRETTE.

Que veux-tu que j’y fasse! C’est M. le Bailli qui m’a persécutée pour épouser son protégé, son filleul chéri.

BABET

Pardi, sûrement : vous avez fait un héritage. Oh! le méchant Bailli! le vieux avare! il n’a qu’à venir encore, à la dérobée le sa gouvernante, me pincer la joue et me conter des bêtises!... je lui promets que sa perruque ira barboter avec les canards dan3 l’écluse du moulin.

LAURETTE

Pourquoi ton cher Bastion est-il venu me dire qu’il était amoureux de moi?

Page 1