‹ Le farfadet operacomique en un acteChapitre 7 sur 22 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

BABET

Et vous êtes assez bonne pour le croire ?

LAÜRETTE.

Dame ! tout comme toi, quand il venait te faire le même compliment.

BABET

Oh! moi, c’est bien différent! je suis sûre qu'il m’adorait! Il n’y a pas de preuve qu’il ne. m’en donnât! il me tarabustait et me taquinait chaque jour... Il venait à la veillée me tirer tout du long les aiguilles de mon tricot; il me poursuivait, l’hiver, à coups de boulesi de neige ; quand venait le printemps, il me faisait sentir, par force, une touffe d’aube-épine pour me piquer le nez gentiment; quand j’étais sur les noyers, il venait, en catimini, me retirer l'échelle, et me laissait une heure sur la branche pour se gausser de mon cotillon qui s’en allait par ci, par là ; enfin, des niches continuelles, des tapes, des talocnes; et chaque soir, quand je revenais de la fontaine avec ma cruche sur la tête, crac, une poussade pour me faire tortiller de la taille et pour que des gouttes d’eau fraîche tombassent dans mon fichu pour s’y promener à leur aise. Voilà, jarni! voilà des signifiances d'amour! et vous ne pouvez pas vous en vanter comme moi !

LAIIRETTE.

Ah ! vraiment, il y a bien de quoi ! Ne dirait-on pas que monsieur Bastien est le coq du village ! Ah ! quelle différence avec Marcelin !

BASTIEN, à la porte du fond, en casaque.

Hé! Laurette! allons donc! mon parrain vous attend.

LAÜRETTE.

Me voici, je suis prête.

BASTIEN

Prenez votre manteau. I! y a des gouttières à la patache, et il va pleuvoir.

laurette, prenant sa mante et sortant.

Allons, vite, marchons.

BABET

Moi, je vais m’enfermer à renfort de verroux au fond

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