MARGE
Oui.
EDDÏ
Ici. . . nous sommes réduits à nousmêmes, h notre humanité... Ici... oh ! oui Margit, c'est ici que nous devions nous crier que nous nous aimons !
MARGIT, dans un Eoapir.
Ah I (Klle ne fait pas un geste. Long silence.)
EDDY Mon Dieu !... Depuis des semaines j'escomptais cette minute... J'avais des frissons, des vertiges, à l'idée qu'un jour je le dirais, ce mot... Il vient de tomber de
mes lèvres... dans le silence... sans me procurer plus d'émotion à moi qui l'ai prononcé qu'à vous qui l'avez écouté...
Il vient trop tard!... Notre amour n'a pas attendu que nous le proclamions pour grandir et pour s'exalter, et toutes nos paroles sonnent faux, parce qu'elles ne sont plus d'accord avec nos sentiments, elles sont en retard sur eux... Prenons pour dit tout ce qui aurait dû être dit plus tôt... Je perds mon temps à vous expliquer ce qui est déjà le passé pour nos cœurs...
A l'heure qu'il est, je n'ai plus autre chose à faire que de vous prendre dans mes bras.
MARGIT, avec un cri étouffe.
Ah ! . . . (Elle se traîne jusqu'à une chaise et s'y laisse tomber. Un grand silence.)
EDDY, inquiet.
Pourquoi ne dites-vous rien ?
MARGIT, comme cgarce.
J'ai peur.