ACTE I, SCÈNE IX
Là-bas aussi, on me trouve différente...
Je suis détachée. Je n'ai pas de patrie...
jusqu'à nouvel ordre... Oh! cela fait que je suis... étonnamment libre...
LE PRIXCE
Ah?
MARGIT
Oui, vous comprenez, je ne puis être prisonnière d'aucune... tradition, d'aucun préjugé, je n'ai même pas d'habitudes...
J'ai peut-être tort d'avouer cela... Il me semble vaguement que cela doit être...
choquant...
LE PRIXCE
Oh! non, non...
Enfin... pas convenable.
LE l' RINCE
Tant mieux.
JIARGIT, aprùs un tcmpu.
Vous n'avez pas idée comme je me sens,..
dépaysée, chaque fois que je reviens à l'un ou à l'autre de mes pays alternatifs...
Il me faut des semaines pour me faire à la figure des gens... Ici surtout... pardon... ils me paraissent. .. surannés... comiques... Quand je retourne là-bas... j'ai envie de pleurer... Mais quand j'arrive ici, j'ai envie de rire.
LE l'RINCE
Je comprends assez ça.
JlAk.GIT
Non, vrai, j'ai la sensation que tous ces gens-là n'ont pas bougé depuis un an, tandis que, moi, je traversais l'Europe, Ce qui leur manque, c'est de prendre de l'exercice. Moi qui en prends, de l'exercice ! . . . Ils sont noués ! ... Dites donc, prince, décidément je ne vous froisse pas, car...
vous en êtes.
Lli l'kINCE
Ah! pardon, vous commencez à me froisser quand vous me dites que j'en suis.