‹ Le faubourg; comédie en quarte actesChapitre 46 sur 151 · ACTE I, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IX

MARGIT, riaat.

Mais alors, nous pouvons nous entendre !

LE PRIN'CE

Oui, très bien... Surtout ce soir...

MARGIT

Ce soir?

LE PRmClî

Oui, parce que... d'habitude, je ne sors guère... je ne vais pas dans le monde...

Et ce soir... Tout à l'heure, avant votre arrivée, je les écoutais... Ce qu'ils pensent I Ce qu'ils disent!... J'avais beau faire effort, moi, je ne pouvais pas dire deux mots : j'écoutais. Ce qui leur sortait, vous n'avez pas idée. J'étais consterné.

MARGIT

Oh!

LE PRINCE

Je me disais... oui, je me disais ce que vous venez de me dire vous-même il n'y a qu'un instant : Je suis un de ceux-là...

c'est gai... voilà mon milieu.

MAKGIT

Faites comme moi... détachez- vous.

LE PKINCE

Mais, Mademoiselle, je ne pense qu'à ça!... J'ai une ambition bien simple, une ambition commune à tous les êtres vivants :

je. veux vivre. Et à chaque minute, je suis averti par tout ce que je vois, par tout ce que j'entends, que j'appartiens au clan social où tout vient s'éteindre et mourir... Mais, dès ma petite enfance, je ne pensais déjà qu'à me différencier de ces gens-là!... La première chose qui m'avait frappé, c'est qu'ils sont... qu'ils ne sont pas forts. Alorsj'ai voulu devenir très intelligent. J'ai... j'ai failli me croire un homme supérieur. Oh! depuis, j'en ai rabattu.

MAKGIT

Vous faites de la modestie.

LE PKINCE

Non, non, je vous assure, il faut cher-

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