PORTRAIT DE BRETAGNE
(PLOUMANA CA)
LERTE LCNEPREE
RATE A Le Cubisme est plus ort plus sain et Le robuste que |” art qui le ms . Le | précéda, comme notre littérature est plus âpre, plus ample et plus mas- | sive que celle à laquelle elle succède. Une œuvre d’art peut et doit renfermer les préoccupations d'une époque, à condition toutefois
qu’elle ait en elle-même des éléments d’universalité qui lui permettent de défier le temps. Tout comme elle peut et doit être nationaliste à
condition qu’elle prenne place dans l'humanité. C'est ce que les meil-
leurs d’entre les cubistes ont compris, comme les meilleurs d’entre nos
Pts l'ont confessé. La peinture de jeunes maîtres comme Le Fau-
connier, Lhote, Gleizes, Delaunay et d’autres se rapproche, en ce sens, de la poésie d'Emile Verhaeren ou de Charles Vildrac, de la poi- . jure prose de Georges Duhamel ou de Jules Romains. Dès mainte-
nant, leur art ne s'annonce plus comme le produit d’une mode ou d’une Er manière, mais comme la résultante de l’âme d’une époque.
EE cubisme théorique a passé et les peintres cubistes sont restés. : - Je n'oserais conclure de ceci que le cubisme mène à tout, à la condition ot RTE d’en sortir, car on pourrait me reprocher de trailer irrespectueuse- et ment un mouvement que j'aime et que j'admire, malgré qu'il ne fut : ioe qu’une transition, et dont je sais qu'il engendrera tout l’art décoratif : SEE de r avenir.
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La période bretonne
Le Rice est originaire . provinces enter One de . France et naquit en 1881. Il appartient donc tout à fait à ce none enE e « nordiqué » que j’esquissais dans mon introduction et qui, pour la première fois depuis des siècles, a retrouvé dans le mouvement cubiste et expressionniste sa manifestation originale. Son art est bien différent, par conséquent, de celui des autres peintres français, même ses contem- Pne
porains directs, tout comme l'aspect de sa personne dénote une race presque étrangère à la leur; sa tête forte, presque carrée, rouge et. à rousse, suggère un atavisme anglo-saxon plutôt que parisien; il n’a pas ne
du tout le type du Français du midi ou de l’Ile de France. Qu’y a-til d'étonnant, lorsqu’ il peint ses toiles légendaires de Bretagne, si vigow reuses de forme, âpres de composition et primitives de couleurs, à ce que Sa main décèle avant tout la tradition et l’origine du nord? C'esi “ dans la France septentrionale que surgirent les cathédrales massives ei . expressives, ces anciens chefs-d’œuvre cubistes, manifestations de. force universelle, de sensibilité profonde et ordonnée, de langage ‘ logique et sévère ; ces cathédrales-là, Le Fauconnier les a plus jonges ment étudiées que n’importe quel tableau, nous le savons. :
C’est le pays aussi des cieux amples et presque solides, des nuages qui sont des constructions et des architectures, des formes pleines et. qe qu'y ont acquises toutes ne les pots les landes : °
concentre et se discipline, l'âme y est portée à la méditation et à l’a | tisme. C’est pour avoir connu, dès sa prime jeunesse, cette contre farouche et pure, grandiose et voilée, que Le Fauconnier a pus 'adap j si vite et si bien à la Hollande, qui ressemble à cette Bretagne austè et subir si profondément |’ influence du paysage néerlandais. D'autr peintres français ont fait des sites des Pays-Bas, des a
du paysage hollandais que ce peintre étranger est devenu un maît qu’on suit et qu’on imite et qui a révélé, même aux Hollandais, c taines particularités picturales qui de leur propre pays, Jeu ”
restées inconnues. Li