‹ Le Faust de GoetheChapitre 103 sur 166 · DEVANT LE PALAIS DE MÉNÉLAS, A SPARTE · texte numérisé non relu

DEVANT LE PALAIS DE MÉNÉLAS, A SPARTE

HÉLÈNE s'avance, entourée du chœur des captives troyenncs. PANTALIS, coryphée,

Hélène. Hélène, tant admirée et tant décriée, je m'a\an,cc du rivage où nous avons pris terre, — ivre encore du l)alancement actif de la vague qui, des champs phrygiens ici, sur son dos hérissé et suhlime, par la faveur de Poseidon et la force d'Euros, nous apporta dans le golfe de la patrie. Là-bas, à cette heure, le roi Ménélas se réjouit du retour, au milieu des plus vaillants de ses guerriers. Mais toi, accueille-moi comme une hôte bienvenue, maison sublime que Tyndare, mon père, revenant, éleva sur le penchant de la colline de Pallas, et qu'il tenait parée avec magnificence entre toutes les maisons de ^Sparte, lorsque je grandissais en sœur avec Clytemnestre, lorsque je giandissais avec Castor et Pollux en de folâtres jeux. Salut, vous, battants de la porte d'airain, qui vous ouvrant d'un air hospitalier, invitant, fûtes cause que celui que j'avais choisi entre tous, Ménélas, m'apparut resplendissant dans la figure du fiancé! Ouvrez-vous de nouveau devant moi, que j'accomplisse un message du roi avec fidélité, comme il convient à l'épouse. Laissez que je pénètre! et que tout reste derrière moi, tout ce qui jusqu'à ce jour vint m'assaillir plein de fatalité! car depuis que, sans crainte, je quittai celte place; pour visiter le temple de Cythère, selon un devoir sacré, et que la un ravisseur, le Phrygien, porta la main sur moi, l)ien des choses sont arrivées que les

* Lorsque cet acte parut pour la première fois, en 1827, dans le quatrième volume des Œuvres de Goethe, il était intitulé Fanlasmarjurie (iassiro-romantique , intermède pour la tragédie de Faust. Ce titre en indique assez la destination. Quant au sens qu'il renferme, il so révèle clairement à la lecture. — Bien que nous soyons sortis de la nuit des Ombres, et (|ue le personnage d'Hélène, évoqué du sein du royaume des idées, des iMèros, pose maintenant devant nous dans la réalité de l'existence, l'allégorie n'en continue pas moins. Les deux éléments, l'Antique et le Romantique, se rencontrent et s'assemblent : d'une part, Hélène et sa suite debelles captives; de l'autre, Faust et son cortège de chevaliers du moyen âge; merveilleux hyménée d'où sort Eupborion, la poésie moderne; puis, comme cpouvantail, Méphistopbélès, sous l'apparence d'une Pborkyade, et menant sa mascarade antique à travers le troupeau des jeunes Troyennes eflaroucbées.

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