QUATRIÈME PARTIE DU CHOEUR
Allez, mes sœurs, allez à votre fantaisie ! Nous voulons serpenter sur le coteau joyeux Où la vigne mûrit sur le sarment qui plie; Nous voulons contempler avec nos propres yeux La chaude passion du vigneron fidèle.
Et de son zèle ardent voir le succès douteux. Tantôt c'est la faucille, et tantôt c'est la pelle ; Il arrache, il émonde, il lie, il amoncelle. Implorant tous les dieux, surtout le dieu du jour. Bacchus l'efféminé ne s'inquiète guère Du mortel qui lui voue un si pieux amour ; Caché sous la feuillée ou dans le frais mystère De sa grotte profonde, il badine à loisir Avec le jeune faune amoureux du plaisir. Ce qu'il faut à Bacchus pour sa paisible fête. Et pour les visions de son esprit dispos, Demeure incessamment au fond des larges pots Rangés des deux côtés de sa fraîche retraite. Cependant tous les dieux, et surtout Helios, A force d'air, de pluie et de rayons de flamme, Amassent à souhait le trésor des raisins. Ce que le vigneron a taillé de ses mains S'éveille tout d'un coup, et s'agite, et prend àinc. Le feuillage tressaille, et mille bruits confus Courent de toutes parts dans les pampres émus. La corbeille gémit, le seau cric et clapote ; Sous le faix des raisins on sent ployer la hotte ; Puis, vers la cuve immense on court avec ardeur Pour les bonds cadencés du puissant vendangeur; Et des raisins vermeils l'abondance sacrée. Foulée insolemment sous les pieds, pressurée, Dégoutte en écumant et soulève le ccrur;
DIU MKMR l'A in II-;. ÖOI
El maiiilcuant voici que les l'ollcs i ynibales Tintent de toutes parts avec un bruit d'airuiu ; L'oreille est étourdie, et pour les bacchanales, Du mystère profond Dionysos sort enfin, Entraînant sur ses pits le faune et ses pareilles, Qu'il s'en va caressant d'une lascive main ; Entre eux, d'un pas hardi, trotte sur le chemin L'animal de Silène, aux deux longues oreilles. Allons , les pieds, fourchus régnent en souverains : Les sens sont enivrés, et l'oreille tressaille ; L'ivrogne emplit sa coupe en battant la muraille. Et c'en est fait : la tète et le ventre sont pleins. On en voit quelques-uns qui résistent encore ; Mais, hélas! ils ne font qu'augmenter la rumeur. Pour faire au vin nouveau sa place avec, honneur, On vide chaque pot et chaque vieille amphore.
(Le rideau tomhc.)
(Phorkyas se dresse gigantesque sur le proscenium, descend du cothurne, dépouille le masque et le voile, et se montre sous l'apparence de Méphistophélès, pour épiloguer sur le morceau et le commenter en tant qu'il est nécessaire.)
UUU JU VUUVUUV u Ul/UUUU UU l'UUUU u Ü VUUUAUUUU vvi/i- U V UUU UUUUU 'J Ul u vuuu vuu u