‹ Le Faust de GoetheChapitre 131 sur 166 · DEUXIÈME PA KT IE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PA KT IE

quo compère à sa place! Ils pensent peut-èlre qu'avec celle averse de Heurs, ils vont enneiger les diables ardenls. Patience! à voire haleine tout ceci va fondre et se racornir. Donnez du vent, soufflets d(! forges; assez, assez ! les vapeurs que vous exhalez font soudain pâlir tout l'essaim. Pas si fort, donc! fermez vos mufles et vos narines. Vraiment! vous avez soufflé trop fort; ne comprendrez-vous rien à la mesure? Les feuilles, qui ne devaient que se rider, noircissent, sèchent et se consument. Voilà l'averse qui flotte vers nous dans les plis de ces flammes empoisonnées. Allons, marchez à rencontre, serrez ferme vos rangs! Oh ! leur force s'évanouit, leur courage s'en va ! les diables ont flairé la trace d'une flamme étrangère.

Fleurs lumineuses,

Flammes heureuses,

Tout à l'entour .

Portez l'amour !

Le cœur se pâme

Verbe de l'Ame ,

Éther de flauime.

Partout le jour !

Méphistophélès. Malédiction ! honte à de semblables brutes ! Voilà maintenant les diables qui marchent sur la tète; les lourdauds font la rone et tombent en enfer le derrière en avant ! Allez, et que le bain de feu vous tienne en joie! vous ne l'avez pas volé. Quant à moi, je demeure à mon poste.

(Se débattaut au milieu d'un déluge de roses.)

Arrière, feu follet! Oui, va, brille, brille plus fort, je te tiens, glu visqueuse et frivole. Eh bien ! qu'a-t-il à voltiger encore? Veux-tu bien déouerpir ! Malheur! il me presse la nuque; c'est de la poix et du soufre.

LES ANGES [chœur).

N'allez, Ö l'rères, Que vers la sphère Qui vous lonvient.

Gardez-vous bi^n De toute chose Qui trouble et cause L'ennui morose Au cœur chrétien; Et s'il arrive Par force vive Qu'elle entre en vous, (Test à nous autres, Anges, apôtres, D'y veiller tous.

Au saint empiie Des firmaments.

L'amour n'attire Que les aimants!

Ma tète est en l'en ; mon cœtir, tout mon sang brûle; élément fait ponr dompter les tliables! plus pénétrant que les flammes de l'enfer! Âh ! voilà donc pourquoi vous gémissez si lamentablement, infortunés amoureux qu'on dédaigne, et qui vous donnez des torticolis à guetter un coup d'oeil de l'objet adoré!

Et moi, pareille cbose va-t-elle m'arriver? Qui donc attire mon regard par-là? ne suis-je pas en guerre ouverte avec tout ce côté? De tout temps leur vue cependant me fut odieuse ; un principe étranger m'aurait-il donc pénétré? En effet, il me semble que j'ai plaisir à les contempler, ces chers enfants. Quel pouvoir m'empêche de maudire? et si je me laisse ensorceler, qui sera le fou désormais? Les drôles que je hais, je les trouve par trop charrtianls!

Dites, beaux enfants, n'êtes-vous pas, vous aussi, delà race de Lucifer? Vous êtes si gentils! D'honneur, je vous embrasserais, et m'est avis que vous venez à propos : je me sens si bien, si naturellement bien en votre compagnie, qu'il me semble vous avoir déjà vus mille fois, et puis j'ai de secrets désirs de chatte en amour. Plus je les considère et plus je les trouve beaux. Approchez-vous; oh! de grâce, un regard M

( Les anges se répandent partout dans l'espace.)

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