‹ Le Faust de GoetheChapitre 135 sur 166 · SAINTS ANACHORÈTES · texte numérisé non relu

SAINTS ANACHORÈTES

DISPERSÉS SUR LE HAUT DES MONTAGNES ET CAMPÉS DANS LES CREVASSES DU GRANIT. LE CHOEUR ET l'ÉCHO.

Au gré des vents qui tourbillonnent Les bois flottent sur le granit Où les racines se cramponnent; Les grands arbres qui le couronnent Montent épais jusqu'au zénith.

L'onde s'émeut et cherche l'onde; La caverne s'ouvre profonde, Et le lion silencieux Rôde paisible et solitaire, Honorant le sacré mystère, Mystère d'amour de ces lieux !

PATER EXTATicus, flottant de haut et d'en bas.

Ardeur de la flamme divine, Liens d'amour, liens de feu.

Apre douleur de la poitrine, Écumant appétit de Dieu!

Flèches, traversez-moi !

Lances, transpercez-moi !

Chênes, écrasez-moi !

Eclairs, foudroyez-moi I Que l'élément périssable et funeste Tombe sans retour.

Et que de mon être il ne reste Que l'étoile ardente et céleste , Noyau de l'éternel amour !

PATER PROFUNDUS. — Région basse '.

Ainsi que la roche éternelle Pèse sur l'abîme profond ,

' Peut-être aussi faut-il voir dans ces indications, région basse, région mtermédiaire, une allusion aux li.d)itudes de certains ordres religieux qui s'établissent de préférence dans les vallées ou sur les hauteurs.

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