‹ Le Faust de GoetheChapitre 136 sur 166 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

Comme le flot nu flot se mêle Pour l'alVreuse inondation, Comme le cliônc magiii(i(iue Se porte dans l'air tout d'un coup Par sa propre force organi(jue, Tel l'amour puissant, sympathique, Qui forme tout et noui'rit tout.

Autour de moi j'entends un bruit sauvage, immense,

Comme si les forêts et les granits géants

Ondulaient dans les cieux, pareils aux océans !

Et pourtant au milieu du fracas, l'abondance

Des flots tumultueux avec amour s'avance

Au vallon, appelée à féconder les champs.

La cascade qui tombe, et le divin tonnerre

Qui sillonne l'espace et purge l'atmosphère

Des pesantes vapeurs qui nous voilaient le jour,

Que sont-ils donc, sinon des messagers d'amour?

Ils annoncent à tous cette force profonde

Qui, toujours en travail, enveloppe le monde.

Oh ! qu'elle embrase donc mon sein, où mon esprit,

Triste, inquiet, glacé, souffre et s'appesantit.

Misérable, enfermé dans l'étroite barrière

Des sens, et tout meurtri des chaînes de la terre !

Apaise mes pensers. Seigneur! que ta clarté

Illumine mon cœur en sa nécessité!

Pater seraphicus. — Région intermédiaire.

Quelle vapeur purpurine

Ondule dans les cheveux

Des sapins de la colline !

Ah î je pressens, je devine :

Ce sont les enfants bienheureux

Qui flottent dans la lumière, C'est le jeune chœur des Esprits î

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