DEUXIÈME PARTIE
Comme le flot nu flot se mêle Pour l'alVreuse inondation, Comme le cliônc magiii(i(iue Se porte dans l'air tout d'un coup Par sa propre force organi(jue, Tel l'amour puissant, sympathique, Qui forme tout et noui'rit tout.
Autour de moi j'entends un bruit sauvage, immense,
Comme si les forêts et les granits géants
Ondulaient dans les cieux, pareils aux océans !
Et pourtant au milieu du fracas, l'abondance
Des flots tumultueux avec amour s'avance
Au vallon, appelée à féconder les champs.
La cascade qui tombe, et le divin tonnerre
Qui sillonne l'espace et purge l'atmosphère
Des pesantes vapeurs qui nous voilaient le jour,
Que sont-ils donc, sinon des messagers d'amour?
Ils annoncent à tous cette force profonde
Qui, toujours en travail, enveloppe le monde.
Oh ! qu'elle embrase donc mon sein, où mon esprit,
Triste, inquiet, glacé, souffre et s'appesantit.
Misérable, enfermé dans l'étroite barrière
Des sens, et tout meurtri des chaînes de la terre !
Apaise mes pensers. Seigneur! que ta clarté
Illumine mon cœur en sa nécessité!
Pater seraphicus. — Région intermédiaire.
Quelle vapeur purpurine
Ondule dans les cheveux
Des sapins de la colline !
Ah î je pressens, je devine :
Ce sont les enfants bienheureux
Qui flottent dans la lumière, C'est le jeune chœur des Esprits î