DEDICACE
Vous voilà de nouveau, l'onnes aériennes
Qui flottiez à mes yeux dans la lumière et l'or.
Tenterai-je à présent d'arrêter votre essor?
Et mon cœur, tout flétri par l'âge et par les peines,
Vers ces illusions incline-t-il encor?
Oh ! venez, approchez ; fort hien, douces images ;
Car tandis que du sein des humides nuages
Je vous vois aujourd'hui vous élancer vers moi,
0 merveille ! je sens mon cœur tout en émoi
Tressaillir de jeunesse à l'influence étrange
Du vent frais qui vers moi pousse votre phalange.
Vous portez avec vous les traits de jours heureux, Et je vois s'élever plus d'une onihre chérie ; Comme une voix ancienne et presque évanouie, Les premiers sentiments du printemps de la vie, L'amour et l'amitié, me reviennent tous deux. La douleur se ranime, et la plainte déplore Le labyrinthe humain et son cours tortueux. Et nomme tous les bons qui, déçus à l'aurore. Par l'éclair du bonheur trompés aux jours heureux, Se sont évanouis, hélas ! devant mes yeux.
Non, vous n'entendrez point les chants que j'ai fait suivre,
Nobles âmes à qui j'ai chanté le premier;
La multitude amie a doue cessé de vivre ;
L'écho des premiers jours s'est perdu tout entier.
Ma plainte retentit pour la foule incomuie,
Et ses bravos ne font (|ue me serrer le cœur ;