‹ Le Faust de GoetheChapitre 81 sur 166 · UNE CHAMBRE GOTHIQUE · texte numérisé non relu

UNE CHAMBRE GOTHIQUE

Étroite, luiut-voùtéc, autrefois celle de Faust, telle qu'elle était lorsqu'il l'habitait.

Méphistophélès, apparaissanl derrière un rideau. Tandis qiiil le soulè>:e et se retourne, on aperçoit Faust étendu sur un lit du vieux temps. Repose l;"i, malheureux ! enlacé dans les nœuds inextricables de l'amour. Celui qu'Hélène a paralysé ne revient pas de sitôt à la raison, [tixaminanl autour de lui.) J'ai beau regarder de tous côtés, aucun changement, aucun dommage; les vitraux bariolés sont, à ce qu'il me semble, un peu ternis, les toiles d'araignée se sont multipliées, l'encre s'est ligée et le papier a jauni ; mais rien du reste n'a bougé. Voici encore la plume avec laquelle Faust a signé son pacte avec le diable. Oui! dans le tuyau, tout au Tond, s'est séchée une petite goutte de sang que je lui ai tirée ; un morceau unique dans son genre, et que je souhaite de grand cœur à quelque antiquaire passé maître ! La vieille pelisse pend toujours au même vieux crochet ; elle me rappelle ma plaisante aventure d'autrefois, et les théories que je développai à ce garçon qui, jeune homme à présent, se consume peut-être encore dessus. Ma foi, il me prend envie, vieille enveloppe chaude et grossière, de m'unir avec toi, et, me posant encore une fois en docteur, de me pavaner dans l'idée de ma propre infaillibilité. H n'y a que les savants qui sachent bien prendre ces airs-là; le diable, depuis longtemps, en a perdu l'habitude.

fil secoue la pelisse ; des sauterelles, des scarabées de toute espèce s'en échappent.)

Choeurs des iînsectes. Salut! salut! vieux patron! nous voltigeons et bourdonnons, et le connaissons bien. Tu nous as semés par unités en silence, et par myriades nous venons, père, danser autour de toi. La perfidie

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