‹ Le Faux Rein PolykystiqueChapitre 19 sur 30 · SUR E · texte numérisé non relu

SUR E

normal et ne parait pas avoir augmenté de volume après l'opération. Rien en un mot ne rappelait le rein polykystique.

La malade de Stiller (Obs. XIII de notre thèse) a eu elle aussi de la fièvre, des douleurs lombaires, des mietlions fréquentes, l'état général est mauvais, le sujet est fort amaigri, les urines sont purulentes et l'examen de la pièce montre les reins remplis de cavités purulentes. Ce sont bien là les symplômes de la néphrite suppurée. À côté de ces phénomènes, ceux dus au rein polykystique sont beaucoup plus marqués que dans les observations précédentes. La malade a depuis longtemps constaté l'existence d'une tumeur et l'on a pu suivre son évolution; son énorme volume, sa dureté, ses légères bosselures ont été longuement étudiés. Le diagnostic de rein polykystique put être porté.

Le faux rein polykystique peut encore être causé par une grosse hydronéphrose, telle est l'observation de Rochet (Obs. XIV). Les symptômes furent ceux de l'hydronéphrose classique et l'opération seule montra l'existence des kystes. La symplomatologie diffère done totalement de celle de la dégénérescence Kkystique. Il en est de même de l'évolution, puisque l'intervention sauva le malade.

Ajoutons que dans aucune des observations étudiées on ne rencontre d’altération des autres organes, du foie en particulier. L'existence de ces lésions est si commune dans la maladie polykystique du rein que ce symptôme négatif doit être pris en considération. Il contribue à distinguer la maladie objet de cette étude.

En résumé, il ressort de l'étude des diverses observations passées en revue que la maladie n'a pas une symptomatologie propre, ses signes sont ceux de l'affection causale. Ils voisinent done avec celte dernière. La formation des kystes est-elle liée à la lithiase rénale? Elle peut se montrer sous deux aspects : où la migration de calculs causera le syndrome de la colique néphrétique, l'anurie calculeuse ; ou les calculs plus gros demeurent dans le bassinet, nous aurons alors des douleurs lombaires, des hématuries. Dans la tuberculose

rénale, elle restera ignorée et nous trouverons les signes classiques de la tuberculose : phénomènes réflexes du côté de la vessie, hématurie, pyurie, douleur lombaire, tumeur rénale. Compliquant une aflection banale, elle n'aura pas d’autres signes que cette dernière : frissons, fièvre, nausées, vomissements, douleur localisée à la région rénale, envies d’uriner fréquentes, impérieuses, émission de quelques gouttes d'urine s’accompagnant de douleurs cuisantes, symptômes généraux marqués, nous avons retrouvé tout cela chez la malade de Tuffier et Dumont. Accompagnant l’'hydronéphrose, elle sera marquée par les phénomènes provenant de cette lésion.

Un seul symptôme cependant semble dû à la présence des kystes rénaux : l'augmentation de volume au moins considérable de cet organe. Elle est signalée dans les deux cas de Pousson, dans l'observation de Bartrina et Pascual (tumeur bilatérale), dans celles de Depage, de Princeteau, de Vitrac et Bégouin, chez les deux malades de Lanelongue et Vitrac, chez ceux de Rivet, de Tuflier et Dumont, de Stiller. Nous pouvons done conclure que l’on doit songer au faux rein polykystique lorsque, aux symplômes d'une lithiase, d'une tuberculose rénale, d’une néphrite suppurée, s'ajoute une augmentation de volume du rein, surtout lorsque celle augmentation s'accompagne de bosselures nombreuses.

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