‹ Le Faux Rein PolykystiqueChapitre 26 sur 30 · SPORE · texte numérisé non relu

SPORE

réaction, acide; densité, 4010; traces imperceptibles d'albumine; urée, 8 gr. 50 par litre; chlorures, 3 gr. 42 par litre.

Examen microscopique. — Le sédiment renferme des leucocytes, des cellules vaginales et vésicales, ainsi que de nombreux cristaux d'acide urique ; absence de cylindres, de cylindroïdes et de cellules rénales.

L’opérée se porte bien, elle se promène et se considère comme complètement guérie. Elle est soumise au traitement de l'eau de Vittel.

OBsERvATION VI (RÉSUMÉE)

(Due à M. le Professeur agrégé PriNcereau, chirurgien des Hôpitaux

de Bordeaux; #7 Thèse de Bouner)

Etienne D..., quarante-six ans, cordonnier, entre à l'hôpital Saint- André, salle 10, le 6 août 1900. Il vient se soumettre à une opération pour une affection du rein droit.

Antécédents. — Son père était atteint de-la gravelle et est mort à l'âge de cinquante-trois ans d’un sang glacé. Sa mère est encore vivante et bien portante. Il n’a pas le souvenir de maladies éprouvées par lui dans son enfance ni dans son adolescence.

En 1893, notre malade à commencé à ressentir les premières attaques du mal qui l’amène devant nous. Il à éprouvé quelques douleurs lombaires du côté droit, Il a rendu du gravier et du sable urinaire.

En août 1897, nouvelles crises de douleurs lombaires droites, s’'accompagnant d’hématuries abondantes et mêmes d’hémorragies anales: le malade prétend avoir perdu plus d’un litre de sang par jour pendant plusieurs jours.

En septembre 1899, nouvelle crise de douleurs du côté droit, avec irradiation testiculaire, prenant la forme de coliques néphrétiques.

Depuis cette époque, le sieur D... à continué de souffrir sourdement et à uriner du sang de temps en temps. Il ne peut plus continuer sa profession, tant il est épuisé par ces douleurs et ces pertes continuelles de sang.

Son teint est pâle et blafard, les muqueuses sont décolorées, il est amaigri et sans forces, et réclame lui-même une intervention qui le

débarrasse de son mal.

il, M

A l'inspection, on remarque que le ventre, qui est rétraclé comme chez tous les sujets amaigris, présente cependant une voussure audessous de l’hypocondre droit.

La palpation simple permet de sentir une tumeur dure ou rénitente, légèrement bosselée à sa surface et occupant la place du rein droit. Mais des renseignements plus précis sont fournis par la palpation bimanuelle : la main gauche, appliquée sur la région lombaire, refoulant le rein, tandis que la main droite, déprimant l’hypocondre, explore et perçoit, en glissant et en pressant, et le volume et la surface et la mobilité de la tumeur.

Ce mode d'exploration nous permet de constater que la tumeur susdite est très volumineuse (environ le double du rein normal), dépourvue de mobilité, et que sa surface est très irrégulière, offrant des bosselures dures et nombreuses.

L'examen des urines, pratiqué à diverses reprises, montre une diminution de la quantité : 1.200 centimètres cubes par jour. Quant à leur constitution chimique elle ne présente, en fait d'éléments anormaux, que de nombreux globules sanguins avec albumine : 0 gr. 85 par litre. Le taux de l’urée s'élève en moyenne à 10 grammes par vingt-quatre heures.

Devant l'ensemble de ces symptômes, nous nous arrêtons à l'idée d'un rein bourré de calculs ou d’une tumeur maligne du rein droit ayant évolué en plusieurs années et ayant affecté les symptômes de la lithiase rénale (coliques néphrétiques).

Nous décidons une opération, qui sera une néphrotomie ou une néphrectomie, suivant les indications.

Les suites de l'opération furent excellentes. Pendant toute la durée de la guérison, qui n’excéda pas vingt jours, la température ne s’éleva pas au-dessus de 379, chiffre atteint le lendemain de l'opération. Notre malade à présenté immédiatement après sa néphrectomie et les jours suivants cette polyurie caractéristique et de bon augure des opérés qui doivent guérir (2.200 grammes). On sait que cette polyurie compensatrice et presque immédiate a été observée par tous les chirurgiens urologues. Elle signifie que le rein qui reste est en état de fonctionner pour deux. Quant au mécanisme physiologique, nous croyons volontiers, avec notre collègue et ami M. le Professeur agrégé Pousson, qu'il s'agit là d'un véritable réflexe : le réflexe réno-rénal.

Etre

Nous enlevons le drain le huitième jour, les points de suture de la peau le quatorzième jour, et la réunion par première intention est obtenue le 6 septembre.

Le malade sort de l'hôpital le 23 septembre.

Remarques. — À partir de son opération, le malade n’a plus éprouvé ni douleurs ni hématuries. Il a beaucoup et rapidement engraissé. Il a repris des couleurs et sa profession de cordonnier.

Nous l'avons revu à plusieurs reprises, notamment le 15 juin 4903, et nous avons pu constater que l'amélioration de son état général s'était maintenue.

Examen des pièces. — Le rein enlevé est remarquable par son volume et par son aspect. Il a 30 centimètres de longueur sur 12 centimètres de largeur et 9 centimètres d'épaisseur. Il pèse 800 grammes. Sa surface est bosselée et ressemble à une grappe de raisin dont les grains, inégaux, seraient serrés les uns contre les autres. En un mot, c’est tout à fait l’aspect du rein polykystique. Il n’y à pas de néoplasme ni de calculs.

Les kystes dont sont recouvertes loutes les faces du rein sont tellement confluents qu’ils ne permettent pas d’apercevoir la plus légère trace de parenchyme rénal dans leur intervalle.

La paroi de chacun des kystes, mince et transparente, laisse écouler, lorsqu'on la déchire, un liquide légèrement trouble. On sent au-dessous d’autres kystes, et il en est ainsi jusque dans la profondeur.

L'examen histologiqne de la pièce n’a pas été fait.

Ogservarion VII

(Bécou et Virrac, Bulletin de la Société d'Anatomie et de Physiologie normales et pathologiques de Bordeaux, t. XVIII, 1897)

Le jeudi 44 janvier 1897, il entrait à l'hôpital Saint-André de Bordeaux, dans le service de M. le Professeur Lanelongue, une femme de cinquante-deux ans, Marie D..., marchande de quatre saisons, qui n'avait pas uriné depuis le dimanche matin précédent, 10 janvier.

Sans antécédents héréditaires dignes d’être signalés, elle-même avait toujours joui d’une bonne santé jusqu’à ces dernières années. Cependant,

nous devons noter qu'à l’âge de vingt ans elle eut la variole, et quelque temps après des troubles de la vision sur lesquels nous n'avons pas de renseignements, mais qui nécessitèrent une iridectomie, pratiquée par le docteur Guépin.

Il ya deux à trois ans, elle remarqua qu'elle urinait plus souvent que de coutume, surtout la nuit; elle était obligée de se lever trois ou quatre fois et rendait à chaque miction une grande quantité d’une urine qui moussait beaucoup.

Un jour du mois de mai 1896, cette femme s’aperçut à sa grande surprise qu’elle urinait du sang; elle n’éprouvait cependant pas la moindre douleur. Ces hématuries, variables comme fréquence et comme abondance, durèrent pendant cinq mois. Jamais elles ne s’accompagnèrent de douleurs et ne furent jamais influencées par les mouvements ou le repos. Le sang était intimement mélangé à l'urine, et par le repôs il se précipitait au fond du vase, sous forme de caillots noiràtres.

Au bout de cinq mois, ces hématuries cessèrent, et jamais depuis cette époque elles ne se sont renouvelées; mais la malade continua à avoir de la pollakiurie et de la polyurie.

Dans les quelques mois qui ont précédé son entrée à l'hôpital, elle ressentit, surtout le soir en se couchant, des douleurs dans la région lombaire, plus marquées à droite; elle n’y attacha pas d'importance, car elle les rapportait à la fatigue de la journée.

La santé générale restait bonne, et cette femme pouvait exercer son fatigant métier.

Le dimanche 10 janvier, après une nuit passée normalement, durant laquelle elle s'était, comme d'habitude, levée trois ou quatre fois pour uriner, cette femme, bien que n’éprouvant ni douleur ni fatigue resta au lit toute la matinée. Vers une heure de l'après-midi, elle se leva, prit du bouillon, puis se recoucha. Elle venait à peine de se remettre au lit, quand elle fut brusquement prise de vomissements et rejeta ce qu'elle venait de prendre. En même temps, elle ressentit une douleur très vive dans le flanc droit, et, portant la main à cette région, elle y trouva une grosseur qu’elle n'avait encore jamais remarquée.

Depuis ses dernières mictions de la nuit, Marie D... n'avait pas uriné et n’en avait pas éprouvé le besoin.

Les efforts de vomissements continuèrent l'après-midi et le lende-

main; ce n’est que le mardi qu'ils cessèrent.

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ago

De l'huile de ricin, administrée par le médecin, resta sans effet.

Le mercredi et le jeudi, la malade souffrait à peine, mais elle n’urinait toujours pas et éprouvait déjà une sensation de froid qu’elle ne pouvait combattre.

Elle se fit alors conduire à l'hôpital où l’un de nous l’examina au moment de son entrée.

Cette femme, dont l'intelligence était nette, avait le visage pâle, la peau un peu refroidie, le pouls petit et fréquent; elle ne présentait pas de fièvre.

Au niveau du flanc droit, on trouvait une tumeur intra-abdominale, du volume d’une tête de fœtus, qui, située au-dessus du foie, s’arrêtail à la hauteur de la crête iliaque; en dedans, elle atteignait presque la ligne médiane; cette masse, assez régulièrement arrondie, était de consistance dure, élastique. En avant d'elle, se trouvait une zone de sonorité qui tranchait sur la matité qui occupait ses parties latérales et postérieures, c’est-à-dire le flanc et la région lombaire,

On ne constatait ni battement ni souffle, on ne pouvait mobiliser cette tumeur.

La vessie était vide et Le cathétérisme ne ramenait pas une goutte de liquide,

Du côté gauche, dans la fosse lombaire, tout semblait normal.

Le toucher vaginal démontre l'intégrité des organes génitaux et ne fait rien sentir d’anormal dans l’excavation.

Il n’y a pas d’œdème des membres inférieurs, et l’examen des divers appareils ne montre qu'un peu de congestion des bases des deux poumons.

En présence de ces symptômes, M. Vitrac pensa à une tumeur du rein qui pouvait être une hydronéphrose, et, comme une partie de la tumeur faisait un relief très notable sous la paroi abdominale antérieure et qu'en ce point la consistance paraissait moins dure, il fit à ce niveau une ponction avec un trocart de l'appareil Dieulafoy. Le trocart plongea dans une masse qui parut résistante et il ne vint que quelques gouttes de sang.

A la suite de cette ponction, aucune modification ne survint dans l’état de la malade. M. le Professeur Lanelongue vit cette femme le lendemain 145 janvier et jugea nécessaire une intervention chirurgicale

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