‹ Le faux savantChapitre 141 sur 194 · M. DE BU ETE* VILLE · texte numérisé non relu

M. DE BU ETE* VILLE

Oh belle ! monsieur , belle ! Est-il rien de comparable à la fermeté d'un bomme que jamais les dangers les plus pressants n'ont pu épouvanter; qui , toujours prêt à parer ou a porter des coups mortels , ose se vanter de n'avoir jamais plié devant personne ?

LE CHEVALIER

Je fais aussi -.grand cas de la bravoure; mais quand elle est réglée , et suivant l'objet qu'elle »~

Tlic«tre. Com«di«i. IO« IJ

iç>4 LES ORIGINAUX,

propose. Par exemple , je souhaiterait qu'avec la fermeté que fait paroi tre M. de Bréten ville , il se fût mis dans le service.

M. DE BRÉTENVILLE.

Tout beau , monsieur ! le combat singulier fut, de tout temps, la pierre de touche du vrai brave.

le marquis, au chevalier.

Il est certain que le combat d'homme à homme est de tous le plus périlleux.

If. DE BRÉTBMVILLE, OU chevalier.

Le plus périlleux , sans doute , et le plus excellent. C'est laque l'adresse, l'agilité du corps, la présence d'esprit, le coup -d'oeil, sont mis en usage. Que peuvent, dites -moi, les plus beaux faits d'armes contre un coup de canon ?

LE CHEVALIER

Je vous entends : mais vous conviendrez que, d'un côté , l'objet est bien plus grand que de l'autre , et qu'il y a quelque chose de plus généreux a venger sa patrie par devoir, qu'à venger une injure personnelle par ressentiment.

M. de srétenville, faisant le geste de pousser

une botte.

Rien n'est au-dessus de cela. . . Ah!

le marquis, au chevalier.

Ma foi! monsieur ie chevalier, qui est lent à venger une injure personnelle est quelqu'un de

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bien équivoque quand il s'agit des intérêts de sa patrie.

LE CHEVALIER

La foiblesse et l'extrême vertu peuvent quelquefois avoir la même apparence : mais ne pourroi Non pas trouver des hommes aussi redoutables aux ennemis de la patrie que faciles à. pardonner aux ennemis particuliers? et ne seroit-ce pas là le comble de l'honneur et de la raison ?

m. de brétenville, faisant le geste de pousser une

autre botte.

On ne peut rien comparer à ceci.... Ah!

le ÇHEVÀLIEH.

Pour moi, si M. de Brétenville s'en tenoit à mon avis, il chercheront à accommoder l'affaire qu'il vient consulter aujourd'hui. Je ne conseillerai jamais à personne de risquer sa vie et sa fortune pour une gloire fort douteuse, et qui n'existe que dans notre imagination.' m. de bue TE5 ville, faisant encore le geste d'une

feinte botte.

Vous avez encore ceci.,.. . Ah ! ah !

le M A a ou is , au chevalier.

Votre sang-froid, monsieur le chevalier, me désespéreroit , en vérité.... (Haussant la voix et frappant du pied.) Eh morbleu ! pourquoi donc ?.*.

m. de bréten ville, /' interrompant , en mettunt la

main sur son épée.

Qu'est-ce ?

LE MAIIQU1».

Ce n'est rien.... (Au chevalier. ) Pourquot donc attaque-t-on votre réputation , quand tous n'aor ceptes pas ? . . .

le cietaliei. l'interrompamt.

Eh ! monsieur, point de colère , et, croyez que par mon sentiment je ne prétends point réformer celui des autres.

LE MARQUIS

Respectons , croyez-moi , des usages que la nécessité a établis, (montrant iu\ de BrétenvUte) et venons , s'il vous plaît, à l'affaire de monsieur.

M. DE JRÉTÏ57ILLE.

-Messieurs, quel parti pensez -vous que doit prendre un homme qui , amoureux d'une demoiselle , a long-temps fréquenté dans une maison, et qui .trouve en son chemin quelqu'un qui se licencie jusqu'à lui défeadre de continuer ses visite*?

LE MARQUIS

Le procédé est vif.

le chevalier, à M, de Brttenvillc.

Quand on est bien amoureux , cela n'est pas facile à digérer.

M. SE BRÉTETfVILLE.

Aussi n est-il pas douteux que j'en tirerai rai* •on*

LE MARQUIS

Je le ferois comme vous.

LE CHEVALIER

le ne sais pas trop quel parti je prendroisv

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