‹ Le Fayoum, le Sinaï et PétraChapitre 17 sur 47 · MEDINET-EL-FAYOL’M · texte numérisé non relu

MEDINET-EL-FAYOL’M

Au bout d’une heure, comjiosé des boîtes les plus clranges dans leurs formes, le train fit mine de remuer; ce n’était pas une erreur, nous étions partis, emportés pour longtemps loin de cette belle contrée, que nous quittions à regret, nos cartons et nos cœurs bourrés des plus charmants souvenirs.

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Une locomotive en détresse. — Gijzèh au gaz. — Choubrah.

— Uoudah. — Lc.iiilomètre. — Les bazars et les mosquées.

— L’ambassadeur de Perse en garni. — Les femmes que l’on voit, celles que l’on ne voit pas, et celles que l’on regrette d’avoir vues. — Le départ du tapis. — Un peu de savon. — Xon pas adieu , mais au revoir.

Le parcours du cliemin de fer est presque parallèle à la démarcation des sahlcs et de la terre cultivée; aussi, à un certain point de vue, ne nous plaignons-nous pas trop de la lenteur de notre locomotive bizarre. A notre gauche, la ligne blanchâtre du désert connnençait à reparaître; à droite, la végétation la plus riante et les points de vue les plus variés. C’était une véritable lanterne magique, et nous nous laissions caboter agréablement dans ce rêve , lorsqu’un coup de sifflet d’alarme signala une slalion , c’est-à-dire une avarie.

Premier enlr’acte en plein champ : plus de charbon! Telle en était la raison majeure. Au premier village, des enfants vont en courant lamasser tout ce qu’il peut s’en trouver; on y mêle quelques

llETOl'll Ali CAIUE.

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troncs (lo palmier, des broussailles, de la bouse de cliauieau, et, restoniac de la maebine un peu récon- Ibrté, on repart, enfumé littéralement par la locomotive , qui ne digérait pas sans effort la braise panachée et odorante dont on lui avait bourré restoniac.

iVouveau coup de siftlet, nouvelle station, sans avarie, et pour de bon cette fois, quoiqu’il n’y ait pas l’apparence de construction ni de casquette galonnée. Le village qui correspond à ce second temps d’arrêt longe le Nil ; il se nomme El-Wastak, joli petit l>ourg où tout est aligné, rangé et presque propre. C’est pour la navigation du fleuve un point de jonction avec la ligne de Médinet. Les barques y déversent leurs chargements ou y j)renneut les marchandises amenées par les trains. En conséquence, on y voit une grande agglomération de chameaux , qui font le service entre le Nil et la voie ferrée.

Cette station n’étant pas pour rire, nous avions bien deux heures devant nous; elles furent agréablement occupées par un déjeuner sur l’herbe et sous les palmiers, en compagnie de tous les chiens du village, qui s’étaient respectueusement rangés en rond autour de nous, sollicitant quelque dél)ris de poulet ou de canard.

Escortés de nos convives, nous parcourûmes Eî- Wastali, admirablement situé au bord du Nil; les barques, gracieusement groupées, y présentent l’aspect d’un petit port marchand de la plus grande

LE FAYOIJM.

. animation. Sur l’invitation d’un patron, nous visitâmes une jolie cange de voyage, qui n’attendait que 'des amateurs pour descendre ou remonter le fleuve; mais, fidèles à notre train en carton, nous quittâmes ces bords enchantés pour remonter dans notre boîte.

Départ, mais bientôt coup de sifflet, avarie, station; toujours plus de charbon, en pleine campagne, et aussi loin de Gyzèh que d’El-Wastab. Nous avions - fini par nous faire à ce Chemin de croix; nous descendîmes avec nos fusils. Le mécanicien déclara qu’il avait tout juste assez de combustible poui* aller tout seul avec sa machine chercher du renfort. Ce fut adopté à l’unanimité sans que personne ait été consulté, et il nous planta là. Quelques gros messieurs, au tarbouche propre et qui devaient être de grands personnages, avaient obtenu d’accompagner le mécanicien; mais mal leur en prit, car la machine elle-même dut bientôt s’arrêter plus loin en plein sable.

Ce fut sans doute un de ces gros fonctionnaires privilégiés qui alla jusqu’à Gyzèh à pied et décida le conseil d’administration d’abord à envoyer chercher la locomotive, et ensuite à penser aux voyageurs, qui mouraient de faim en plein air.

Il avait fallu se débattre contre la famine pendant cette période de six heures d’arrêt, sans pouvoir danser devant le buffet absent. Quelques-uns de

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nous étaient partis à la chasse; le résultat fut un canard, huit moineaux et un rat. On s’en contenta. Notre ingénieux drogman avait recueilli précieusement quelques débris de charbon tombés de la machine sur la voie, et nous parvînmes à exécuter un petit souper d’occasion avec les restes de poulet et de café du matin.

La nuit était venue; les portières fermées, nous ronflions insouciants de l’avenir, sans penser qu’un autre train venant derrière pouvait nous hroyer : Mahomet veillait sur nous. Vers dix heures du soir, une locomotive, précédée du bruit strident de son sifflet, s’accrochait à nos compartiments et nous arrachait enfin à cette solitude sans espoir. Notre réveil ne fut pas sans éhlouissement , car une gare illuminée au gaz nous transportait suhitemeut au cœur de la civilisation européenne la plus triviale, et à moitié endormis, peu s’en fallut que nous ne demandions où était l’omnibus pour le Palais-Royal. Mais nous en étions bien loin, car c’était à l’antique Gyzèh que nous venions de descendre tout endormis.

En fait d’omnibus , il devait y avoir un bateau pour nous faire passer le Nil au-dessous de Pile de Roudah. Une course au clocher s’organisa bientôt entre les voyageurs pour prendre les dernières places à bord du petit bateau mouche qui chauffait à quelques centaines de pas de la gare. Ce furent des ânes qui nous reçurent de l’autre côté; précédés

(les àniers et cio leurs fanons, nous laissions aller nos montures à la grâce de Dieu juscju’à l’imtel.

Après une série (rémotions aussi variées, un souper réparateur ne fut pas de trop; nous donnions en mangeant, et si nos chambres n’avaient pas été au premier, on nous eût tous retrouvés le lendemain matin ronflant sur la table.

Notre malade allait mieux, et nous allions pouvoir recommencer au complet nos cavalcades échevelées. Dès l’aurore nous avions entamé la superbe et interminable allée de Chouhrah^ emportés pendant plus de trois kilomètres sous cette voûte d’admirable verdure. Les sycomores et les acacias ejui font la baie des deux c(Més de la route et dont les branches noueuses s’entre-croisent, sont d’une dimension extraordinaire. C’est un décor d’opéra (|ui dépasse tous les trompe-rneil de la perspective la plus étudiée : adroite, une végétation magnifi(]ue laissant entrevoir (juel(|ues habitations de luxe au milieu d’arbres touffus; à gauche, le xNil prescjue parallèlement à la route. Au bout d’une heure et demie de cette ravissante course au clocher, nous descendions à la porte d’une charmante villa, dont l’attrait le plus nouveau pour nous était d’y retrouver un véritable atelier, des toiles, des cadres et tout ce (jii’il faut pour parler peinture d’après nature. Un atelier au bord du Nil! c’était mon r(3ve réalisé, et tous les palais des pachas ne valaient pas pour moi

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cette grande vitrine où de grands rideaux verts j)crniettaient de chercher des effets tout comme au cinquième étage de la rue Notre-Dame des Champs. L’accueil le plus gracieux nous fut fait, et nous aurions pu y oublier l’Egypte tout entière , si nous n’avions eu forcément le Nil et les Pyramides sous les yeux.

Le disque de la lune était arrivé à sa période de maigreur la plus accentuée; aussi, ce soir-bà, notre cavalcade s’offrit-elle quelques chutes d’àne dans des mares d’eau et dans des trous qui retardèrent fortement notre retour au Caire. Frais et pomponnés au départ, nous arrivions faits comme des voleurs, et force coups de pied ne furent pas de trop pour nous faire ouvrir notre propre porte sans être dévorés par lès chiens de garde.

Les chiens du Caire méritent une mention honorable, non pour l’élégance de leurs formes, mais pour le rôle important qu’ils jouent très-sérieusement dans la ville et dans chaque rue en particulier. Noirs, et plus généralement de couleur fauve, ils ressemblent plus à des loups et à dçs chacals qu’à des chiens. Ce sont les véritables gardiens de la cité à riieure où tout dort et où les malfaiteurs seuls sont supposés en circulation. Dans ce nombre sont compris par eux les Européens, qui ne peuvent se désiiabiluer de dîner en ville, d’aller au bal et de rentrer tard.

Pour revenir vivant de ces diverses opérations, il est prudent d’y aller à àne, accompagné d’une forte tricjTic ou d’un revolver au besoin. Suivre le milieu du chetnin est aussi la consigne, car frôler les boutiques confiées à la garde de ces molosses serait s’exposer cà la lutte la plus inégale et aux morsures les plus désobligeantes.

L’expression de Jézabel dévorée par les chiens, que j’avais toujours considérée comme une exagération poétique, n’est que juste; on se l’explique facilement en présence de ces féroces animaux, qui se dévorent entre eux lorsqu’il ne tombe pas assez de vieilles femmes par les fenêtres.

Il existe une sorte de fédération canine qui assigne à chacun d’eux sa rue et son quartier; un chien se trouve-t-il hors de son domaine , tous ceux de la rue qui lui est étrangère lui tombent dessus et n’en font qu’un lambeau. C’est une corporation qui a ses statuts et un syndicat en règle.

l^our l’entretien de cette police, le boucher de cliaque rue a charge d’àmes et d’estomacs, il doit tous ses dél)i’is aux chiens de son quartier, et l’heure oii la distribution se fait donne lieu aux groupes les plus imprévus : les familles nécessiteuses sont au premier rang, et la mère sait faire respecter à coups de dents ses droits tà la cantine nationale. Les rats, les chats et les poules volées compQsent la nourriture de celte classe impor-

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tante de la population. Pour un sou de galette sagement distribuée , vous j)ouvez vous assurer l’amitié et au besoin la protection d’une trentaine de ces janissaires à quatre pattes. Les chiens sont au Caire une propriété nationale, et vous pouvez en adopter, au choix, dans les nombreuses nichées qui encombrent les carrefours. De concert avec les oiseaux de proie, les chiens font au Caire, comme dans presque tout l’Orient, le service de la voirie. Sans ces omnivores , la salubrité de la ville serait certainement compromise, et leur gloutonnerie natui’elle est le seul obstacle qui vienne retarder l’installation du choléra dans ces rues étroites, qui sans eux deviendraient bientôt d’horribles cloaques.

^^ous voulions revoir avec soin ce que nous n’avions fait que parcourir dans notre premier séjour au Caire. Les bazars furent notre premier but de pérégrination, et l’emplacement privilégié de notre hôtel nous les mettait tous sous la main.

Au bout du Mouski, une voie assez large et entièrement couverte sépare pour ainsi dire en deux le quartier où les bazars semblent avoir été groupés. En tournant à gauche, on arrive au bazar des orfèvres; <à droite, on entre dans celui des étoffes, des tapis, des chaussures et des costumes de toutes sortes ; plus loin , en continuant du côté de la citadelle, on rencontre le bazar des harnais, des selles et de tous les accessoires de voyage. Le bazar dit des ar-

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mes est une dérision, depuis que riiùtel Drouot a accaparé la majeure partie des véritables bibelols de luxe de tout l’Orient. Nous ne vîmes au Caire que d’borribles lames modernes venant de Bruxelles ou d’Angleterre, et attestant par leur brillant leur origine de pacotille européenne. Dire qu’il n’y en a plus de vraies ni de belles serait exagéré, -mais elles sont rares. Quelques drogmans et quelques

sebeiks du désert nous firent voir des armes deluxe

vraiment curieuses, qu’ils considéraient comme des reliques de famille, et qu’ils ne donneraient jamais môme cà prix d’or, disaient-ils, cà moins qu’on ne leur en offrît beaucoup d’argent.

Le bazar des orfévreç offre l’aspect le plus particulier. Il ne se trouve pas au niveau du reste de la rue; pour y pénétrer, il faut descendre plusieurs marebes et s’incruster dans la foule qui ne cesse d’en encombrer la porte étroite. C’est un immense caravansérail plutôt qu’un bazar. Parqués comme dans une exposition de bestiaux, cbacun des orfèvres a sa petite case, ses petits coffrets mystérieux, ses balances, sa pipe et ses lunettes. Dans cet antre merveilleux , nous fîmes de forts approvisionnements de bracelets et de colliers, souvenirs, cadeaux et gracieusetés à faire au retour.

Ma bourse sortit assez plate de cette caverne, car je m’exagérai beaucoup trop l’effet que devaient produire plus tard en Europe ces richesses orientales.

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Ces colliers el ces biucelels sont cepeii(iaiil fort jolis et très-bien appropriés à la nature et aux costumes du pays. Des boucles d’oreilles en filigrane et ornées de turquoises se rapprochent un peu plus de nos imitations en aluminium. Mais pour porter à propos ces anneaux massifs et ces colliers épais qui font si bien aux bras nus et au cou dégagé des femmes’ fellahs, il faudrait y joindre le reste de leur costume, qui consiste à en avoir le moins possible. Nous y arriverons peut-être ; les couturières exceptées, tout le monde y gagnera.

La plus-value qui est accordée en Orient aux monnaies d’Europe et de France en particulier, donne lieu ici à un mode de payement des plus simples.

Dans un plateau de la balance vos bijoux, et dans l’autre votre or, telle est la manière d’équilibrer la valeur de la marchandise avec celle de vos pièces de vingt francs; car dans ces bijoux de fabrication presque uniforme la main-d’œuvre ne compte pas.

L’un de nous eut la chance de tomber sur une paire de bracelets plus anciens , qui étaient remarquablement ciselés et incrustés des plus belles turquoises ; ils méritaient le succès qu’ils eurent du reste en France, où ils furent reçus à bras ouverts.

Du bazar des orfèvres, nous traversâmes le bazar aux étoffes et aux vêtements : pelisses, gilets, robes longues pour hommes, tout était amoncelé et pendu

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dans le désordre le plus complet. C’est là que j’oubliai encore une bonne partie de ma monnaie; mais ce n’était pas un mauvais placement pour les tableaux que je comptais faire avec ces frusques.

Les abayes et les longues robes à manches ajustées sont les deux vêtements dont la forme se retrouve le plus généralement en Egypte et en Syrie.

Les abayes sont les manteaux d’hiver; c’est ce que l’Arabe met en dernier ressort contre le froid i Ce vêtement, qui se compose d’une grande pièce d’étoffe carrée, est d’une simplicité biblique pour la coupe; c’est la tunique des Hébreux : un sac avec des ouvertures carrées pour laisser passer la tête, les bras et les jambes.

Le luxe, qui s’empare de tout, est arrivé à faii’e de ce vêtement classique un véritable objet d’art, par la nature de son tissu et par les* incomparables broderies dont il est quelquefois tout chamarré; l’abaye du chamelier n’a d’autre ornement que deux grandes raies brunes , qui le traversent dans toute sa hauteur. Dans des contrées plus éloignées du Caire , l’abaye prend d’autres nuances. Aux environs de Pétra, ces larges rayures sont bleues, et le vêtement est quelquefois doublé de fourrures; mais, au désert, la couleur primitive de l’étoffe est généralement simplifiée ])ar l’usure et la malpropreté la plus uniforme. Les abayes en soie verte,

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ornées de broderies d’argent, sont d’im effet éblouissant. Il y en a , du reste, pour tous les goûts, depuis les noires îi broderie d’or jusqu’aux nuances les plus tendres.

On peut voir ici un assortiment complet de toutes les kouj/tes les plus brillantes; j’en trouvai une à fond d’or qui, dans des bals costumés, sut faire le bonheur de plusieurs Européens.

Les gilets, les vestes, les tuniques et les robes ne changent guère de forme; les étoffes seules, aux reflets soyeux , varient à l’infini et leur donnent un aspect toujours nouveau. Moitié laine , moitié coton, ces étoffes lustrées et gommées perdent beaucoup à être mises à l’eau ; elles donnent naturellement l’effet de la soie la plus fine. Les manches de ces robes, évasées en entonnoir, semblent au premier abord devoir gêner la liberté du bras; mais ce surcroît d’étoffe rabattu sur la main sert à la préserver du contact douloureux du soleil.

Ces costumes pleins d’ampleur, qui semblent n’être faits que pour l’étonnement des étrangers et pour l’embarras de ceux qui les portent, répondent au contraire admirablement aux lois de l’hygiène la plus naturelle, dans un pays où il faut se débattre contre une chaleur torride.

Les étoffes de soie dont les Arabes s’emmaillotent littéralement la tête , loin de les étouffer, procurent une fraîcheur des plus douces; plus un Arabe est

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couvert de vêtements de laine (jui ne le serrent pas, moins il offre de prise à l’ardeur du soleil.

Passons aux Gohelins. Plusieurs de nous avaient un g[rand faible pour ces admirables tapis qui se font en Perse, et qui se vendent au Caire en grande quantité. Pendant que je faisais la fortune de plusieurs marcbands d’babits et que je m’emballais littéralement sur l’article des guenilles de luxe, ces messieurs se livraient à des acquisitions colossales dans une immense cour à côté, qui, en raison de sa destination, porte le nom de Cour des Tapis. En dehors des merveilles qui s’y vendent en grand , cette cour est par elle-même fort intéressante; c’est un des intérieurs les plus pittoresques que nous ayons rencontrés au Caire.

Les installations des marchands, leurs placards et leurs coffres de réserve sont de véritables chefsd’œuvre de sculpture. Des vérandabs en bois découpé préservent les boutiques de l’action trop vive de la pleine lumière; et cette demi-teinte, habilement ménagée, ne faisait que mieux valoir les tons éclatants des admirables tapis qui nous passaient sous les yeux. Xons avions la primeur d’arrivages tout récents, et l’occasion était trop belle pour la manquer. Ce fut une orgie; on. dut nous prendre pour des commissionnaires en marchandise, et rien n’aurait pu nous arrêter, si ce n’est la question dispendieuse du transport de toutes ces richesses. Les

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