‹ Le Fayoum, le Sinaï et PétraChapitre 27 sur 47 · LES \VAM)IS · texte numérisé non relu

LES \VAM)IS

voir si elle était bon teint, et si ces couleurs extravagantes n’étaient pas le résultat d’un eflet d’optique ou de quelque supercherie.

Mais ce n’était pas de la poudre de riz; ce fard était bien naturel, et du haut en bas chaque débris de ces roches aiguës présentait bien l’aspect d’un charbon incandescent. J’en rapportai quelques échantillons qui firent l’adniiration de savants géologues.

On se distribua la besogne pour rapporter chacun une étude de ces diverses colorations; la rouge et la jaune furent traitées de main de maître; j’eus la bleue en partage, pendant que mon voisin de lit en travaillait une du plus beau vert. Nous restâmes plusieurs jours en cet endroit fantastique, nous croyant égarés dans un de ces immenses décors de féerie dont les tons sont au jour si discordants pour l’œil. Pas un brin d’herbe ne venait égayer cette singulière nature, et nous produisions l’effet de fourmis perdues sur d’immenses glaces panachées.

Un détail d’intérieur vint jeter l’alarme dans le camp : deux d’entre nous signalèrent les premiers insectes contre lesquels nous avions vaillamment lutté jusqu’ici, avec lesquels on est forcé de compter en Orient, et qui devaient finir par avoir le dessus... et le dessous de nos vêtements les plus intimes.

L’intrusion de ces nouveaux compagnons de route jeta un grand froid dans la situation générale; les

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