‹ Le Fayoum, le Sinaï et PétraChapitre 31 sur 47 · I.E SIX AI · texte numérisé non relu

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tégeait, car en atlcndant sa calèche de bois de cèdre, il se balançait si fort qu’il risqua plusieurs fois de tomber du haut de sa selle , ce qui nous aurait fait beaucoup rire , mais sans nous rendre notre chère eau-de-vie.

Nous étions arrivés à l’extrémité du golfe , en côtoyant toujours la mer; depuis le matin, le bois de palmiers où est enfoui le village de l’Akabah se montrait à nous comme la terre promise, et cette dernière étape nous parut d’autant plus longue que nous éprouvions une plus grande impatience d’arriver au port.

Nous y arrivâmes enfin.

EL-AKABAH.

Le scheilt Mohammed-Gadd. — Un décavé de la ronlette. — Le fils d’un scheik indépendant. — Un filon d’Arabes rouges. — Fleurs et odeurs.

\ J Ali ah ah est, sans contredit, le point de notre voyage au désert qui nous laissa la plus profonde impression, parle caractère sauvage et pittoresque de tout ce qui nous y frappa, depuis les costumes aux brillantes couleurs de ses habitants, jusqu’aux constructions bizarres que nous y trouvâmes, encadrées de si merveilleux décors.

Devant nous, la mer bleue, laissant les palmiers descendre jusque dans son onde transparente; une végétation extraordinaire qui nous rappelait les parties les plus boisées du Fayoum; des habitations en terre soigneusement alignées et dont les portes étaient surmontées d’ornementations d’un style arabe presque barbare.

En outre, les types de la population différaient de ceux que nous avions pu rencontrer jusqu’alors : grands et forts , ces athlètes portaient inerveilleuseinent leurs longues robes rouges; une kouffie

EL-AKABAH.

noire leur couvrait la tète et augmentait encore l’expression farouche de leurs mâles physionomies.

11 y avait là sans doute des représentaots de plusieurs tribus, car quelques-uns de ces Arabes avaient la peau très-blanche, et se faisaient même remarquer par une analogie frappante avec des personnalités de nos relations européennes.

A peine notre campement avait-il été préparé sous les premiers palmiers du bois, qu’une nombreuse députation vint au-devant de nous pour nous souhaiter la bien-venue, et s’assurer surtout des ressources que nous pouvions offrir à leur industrie de voleurs et de pillards. Comme par enchantement, la tente où était installée notre cuisine fut considérée par eux comme la plus intéressante; elle regorgeait d’amateurs, parmi lesquels les scheiks les plus redoutables de la contrée ne dédaignaient pas de figurer, s’y faisant servir des séries non interrompues de tasses de café et de petils verres.

Notre pauvre cuisinier Acbmet ne pouvait suffire aux exigences de tous ces messieurs, qui, véritable bande de chimpanzés, examinaient et retournaient tout ce qui se trouvait à leur portée.

C’est par un système de télégraphie que les Arabes seuls connaissent et pratiquent merveilleusement enire eux, que notre départ de Suez avait été signalé; la quantité et la qualité de nos dromadaires

lÆ SINAI.

officiels, le nombre de nos tentes et de nos poules, tout avait été indiqué : nous étions attendus depuis un mois, à en juger par l’affluence de nos visiteurs et par racciieil extraordinaire qui nous émerveilla, car un feu d’artifice et des coups de fusil furent tirés en notre honneur pendant la soirée.

La présentation au scbeik de l’Akabah ne devait avoir lieu que le lendemain matin. Pourquoi? avionsnous demandé. C’est qu’il est allé voler des chameaux aux tribus voisines, et qu’il n’est pas encore revenu de sa tournée, nous répondit-on : telle était l’explication de l’absence de ce prince. Ce fut son fils qui nous renseigna lui-même sur ce détail des occupations de son noble père.

Le soir de notre arrivée, le jeune gouverneur de la citadelle de l’Akabah était venu au-devant de nous , accompagné de son grand maître de l’artillerie et des principaux officiers de sa maison militaire. Comme emblème de ses fonctions détonantes , le grand maître de l’artillerie ne se distinguait des autres que par une longue perche, au bout de laquelle tremblotait une mèche imperceptible qui devait allumer provisoirement la douzaine de pétards que l’on brûla en notre honneur.

Le gouverneur pouvait avoir une trentaine d’années, et ne paraissait pas très-enchanté du poste officiel qu’il occupait dans la localité, où son autorité était bien peu de chose, en comparaison de

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