‹ Le Fayoum, le Sinaï et PétraChapitre 37 sur 47 · L\E VILLE MONOLITHE · texte numérisé non relu

L\E VILLE MONOLITHE

Dans le chapitre qualorzièine de la Genèse, il parle des habitants des montagnes de Sérr comme étant les Horites {habitants des grottes). Dans le Deutéronome et dans le livre de Jérémie, remplacement et la nature des grottes occupées par les Horites, puis ensuite par le peuple d’Edoni, sont clairement délinis par le prophète. Il y revient plusieurs fois, précisant les montagnes qui forment aujourd’hui l’amphithéâtre de Pétra. Dans le livre des Uois, la ville de Sela^ capitale des Edoniites, correspond également à cette situation topographique.

Ce n’est que trois cents ans après Jésus-Christ que l’on trouve le nom de Pétra employé par les Grecs et par les Romains; Diodore l’indique déjà comme la capitale du royaume des Nahathéens, qui en avaient chassé les Edomites. C’est dans le cours du quatrième ou du cinquième siècle avant notre ère que cette substitution dut s’opérer. Strahon hiit de Pétra un point de jonction important entre Bahylone et l’Egypte, et ce n’est qu’un siècle avant le Christ qu’Artémidore fait une description très-positive du pays et des richesses de la ville, dont il cite le nom qu’elle a*conservé jusqu’à ce jour.

Arétas, roi des IVahatliéens , était très-puissant, paraît-il, et intervenait d’une façon si positive dans les affaires de la Judée, qu’il s’attira une première expédition de la part des Romains, pour avoir donné trop sincèrement son avis dans une réunion publique.

PÉTR A.

Du resie, noble ancêtre des sclieiks que Ton voit aujourd’hui, ce fut à force de platitudes qu’il détourna ce premier orage ; mais peu de temps après, lors de l’expédition d’Aétius Gallus dans l’Arabie, Pétra tomba définitivement au pouvoir des Uomains. Ils y installèrent d’abord un poste d’observation, qui devait bientôt devenir une colonie.

A une époque plus rapprochée, Pline décrit les richesses commerciales de Pétra, qui justifient les frais de décors et de constructions que nous pouvons y admirer encore.

Enfin c’est l’an 105 de notre ère, sous le règne de Trajan, que le royaume nabatbéen fut officiellement annexé à l’empire. Dès lors, la fortune de Pétra fut intimement liée aux différentes phases de la puissance romaine. Simple numéro dans le catalogue de leurs possessions, Pétra disparaît avec les Uomains pour tomber dans un oubli complet.

liC Wadi-Mouça fut bien mentionné par quelques auteurs à l’époque des croisades, mais ce n’est qu’en 1812 que le savant Burckliardt découvrit pour ainsi dire à nouveau les ruines de Pétra, tombées dans l’oubli le plus absolu.

En dernier ressort, les descriptions de M. de Eaborde donnent au complet tout ce que l’histoire et l’archéologie peuvent réclamer de plus exact et de plus minutieux sur ces monuments, si étrangement interprétés par les peuplades du pays. Les ouvrages

UXE VILLE MOXOLITHE.

(le Robinson, Irby et Mangles ne font que confirmer ces savantes observations.

Devant nous renfermer dans un cadre beaucoup plus restreint, décrivons ceux de ces édifices qui nous ont plus frappés par leur bizarrerie que par la pureté de leur architecture.

En thèse générale, toutes les constructions, décorations et sculptures de Pétra peuvent se rapporter à Part romain. C’est Part romain purement décoratif, et il existe une analogie frappante entre ces édifices et les peintures murales qui font l’ornement des ruines de Pompéi. Ces petits motifs d’architecture entassés ridiculement, ces colonnes maladives, ces petits frontons tourmentés et surchargés d’ornementations, se trouvent être la fidèle reproduction des monuments de Pétra. Architecture de décadence et de fantaisie où, dans un indescriptible mélange de tous les ordres, le grec perd sa simplicité et sa grandeur naturelles pour faire place à une exagération inutile de sculptures et de décorations de mauvais goût.

Mais sans s’arrêter à des détails mal réussis et à cet abus d’ornementation, ces monuments n’en sont pas moins saisissants par leurs dimensions colossales et par les difficultés que dut présenter leur audacieuse exécution.

Pour définir le style de Pétra, il faudrait créer le mot cjrec-renahsance .

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