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pour (lé|)Iucor ce caillou iiioffcnsif, car rasceiision (le ce fronton nécessiterait des échafaudages dont ils n’ont pas les moyens.
Cette façade de temple, (jui semblerait indicjuer une disposition intérieure assez considérable, est un véritable trompe-roul. Par la porte du bas, cette entrée fastueuse ne donne accès qu’à une pièce carrée assez étroite et garnie de niches, dont l’usage est très-contesté. Cette excavation est trop petite pour un temple et trop grande pour un tombeau; d’un autre côté, ces constructions furent-elles laissées inachevées? Cela est encore fort possible, car en plusieurs endroits, les sculptures qui en font l’ornement ne sont que grossièrement ébauchées.
La plupart des décorations que l’on y remarque ont une grande ressemblance avec celles de Balbek, et quelques auteurs rapportent la construction de ces monuments, si éloignés les uns des autres, à une seule et même époque.
Une inscription grecque, signalée par i\I. de Laborde , ferait pourtant remonter l’existence d’une partie de ces monuments à une époque bien antérieure. Cette inscription se trouve au frontispice de Pun des tombeaux qui précèdent le grand théâtre; nous allâmes pour la voir, mais elle est à moitié effacée. Nous eûmes un instant la pensée de la refaire nous-mêmes, mais cela nous aurait porté malheur, et nous nous attaquâmes à d’autres pierres
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innocentes pour y . déposer des hiéroglyplies de notre cru, qui intrigueront fort les Champollion de l’avenir.
Pendant notre séjour à Pétra, deux Journées de pluie torrentielle nous avaient contraints à l’inaction la plus absolue; ces heures furent agréablement passées à confectionner sur les tombeaux les inscriptions gallo-grecques les plus expressives pour
l’œil et pour la science des amateurs de rébus
illustrés.
Quatre mois plus tard Je me trouvais à Damas, en compagnie de savants voyageurs qui, ayant également visité Pétra, avaient été fort intrigués des peintures que quelques-uns de notre petite bande y avaient laissées en souvenir de leur passage. Je m’associai de toutes mes forces à leur indignation, sachant mieux qu’un autre à quoi m’en tenir sur l’origine de ces sacrilèges. Signe des temps : ces monuments nous avaient paru mauvais d’architecture, et nous n’avions pu résister à l’envie de l’écrire dessus dans le style le plus réaliste qu’ait Jamais employé l’iiiéroglyphomanie.
Nos intentions étaient pures. Ainsi, pour faciliter aux voyageurs qui nous suivraient la visite de cette intéressante cité, nous avions peint des mains indicatrices avec des flèches. Les carrefours, par trop compliqués, avaient été divisés par nous en sections et en quartiers, dont les noms, tracés large-
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ment au vermillon, brillaient comme des soleils, accompagnés du profil égergique de quelques-uns des principaux scheiks du pays : Wadi-Mouffetardy Guignol-Square ^ etc.... crescendo.
Qu’il nous soit beaucoup pardonné, car nous avons beaucoup souffert pendant ces mortelles journées de pluie qui détrempèrent tout, au point de convertir notre campement en marais et de rendre tous les chemins impraticables.
En quittant le Sik devant le temple du Trésor de Pharaon, la gorge se divisait subitement en deux branches moins étroites; celle que nous prîmes était littéralement encombrée d’immenses lauriers-roses et ressemblait à un petit bois en fleur. Ce circuit nous fît déboucher tout d’un coup sur le théâtre proprement dit, entièrement creusé dans le roc comme les autres monuments ; l’orchestre mesure trente-cinq ^ mètres de diamètre, et l’on peut encore compter les trente-trois rangs de gradins qui formaient l’amphi théâtre des spectateurs.
C’est en cet endroit que se trouvent réunies en plus grand nombre les grottes sépulcrales creusées dans le roc; la dimension de ces excavations et leur emplacement superposé permirent à quelques savants de croire que ces ouvertures symétriques n’étaient que les loges principales du théâtre, places réservées aux personnages de distinction ; mais l’existence de grottes semblables dans le reste de
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la ville détruit cette hypothèse hienveillante ; ce n’étaient que des habitations ornées de fenêtres encore visildes, et dont l’existence devait être l)ien antérieure à la construction des grands inonumenls qu’elles avoisinent.
En quittant le théâtre et en remontant, sur la gauche, une série successive de degrés en mauvais état, on arrive aux tombeaux, dont l’arcliitecture est très-caractéristique. En forme de cônes tronqués, les façades extérieures de ces tombes présentent l’aspect d’une pyramide inclinée sur la paroi de la montagne. Un fronton à angle très-ouvert est généralement soutenu par deux petites colonnes, ou par des motifs d’ornements rectangulaires, et des simili-fenêtres donnent prétexte à des répétitions de’cet étrange motif, qui de loin ressemble à une série d’armoires superposées plutôt qu’à une façade monumentale bien étudiée.
C’est de la fantaisie de mauvais goût ; en quittant ces petites boîtes et en repassant devant le théâtre, nous suivîmes la vallée qui , en s’élargissant toujours davantage, devait nous amener au Forum , emplacement central de la ville romaine où se trouvent groupés le plus grand nombre de ses monuments. C’est cet endroit qui est généralement choisi par les drogmans pour établir les campements; c’est là que, dans la boue et riiumidité, nos tentes furent dressées et soutinrent le siège de toute la po-
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pulatiüii , accourue pour nous voir et surtout pour vivre à nos dépens, car bientôt nous allions avoir une terrible répétition des orgies de l’Akabab et des gloutonneries seigneuriales du grand Mobammed-Gadd.
Toujours prévenus à l’avance, les scbeiks de la contrée étaient sous les armes , et, semblables à une volée de corbeaux , ils s’abattirent sur nous avant même que nos chameliers eussent pu décharger les bagages et installer les tentes.
La réception fut brillante, touchante et même bien méritoire de la part de notre colonel, qui, spécialement voué à l’admiration et au respect de ces brigands, dut accepter leurs embrassements sans sourciller.
Ce fut d’abord le sclieik de Pétra, Nossar luimême, puis le sebeik de Wadi-Mouça, encore luimême, puis une procession de tous les scbeiks de tous les wadis des environs , tous plus puissants , plus terribles et surtout plus malpropres les uns que les autres.
Dans cette riche collection de mauvaises figures , nous reconnûmes quelques-uns des jolis messieurs qui avaient déjà fricoté à l’Akabali aux dépens de nos cantines. Ils savaient le chemin de la cuisine, et la noce ne fut pas longue à se réorganiser autour de nos pauvres provisions. Des Anglais étaient installés lors de notre arrivée; c’étaient
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ceux que nous avions déjà rencontres. Nous fîmes diversion au véritable pillage dont ils étaient l’objet, et tous les renseignements qu’ils nous donnèrent sur la localité et sur ses habitants n’étaient pas tous d’une folle gaieté. Du reste, ils parlaient le lendemain très-désencbantés , nous laissant à nousmcmes ou plutôt aux mains avides de nos luMes.
Pour nous tâter et nous intimider, ces bons Bédouins organisèrent entre eux un fac-similé de bataille, à propos d’un tonneau d’eau que notre drogman avait envoyé chercher pour le campement. Le porteur du tonneau réclamait dix francs, et le propriétaire du tonneau revendiquait la même somme : les sabres se tiraient, les fusils se chargeaient avec fureur, et les cris les plus discordanls faisaient résonner la ville entière. Confiants dans nos fusils et dans nos revolvers, nous manifestâmes pour cotte rixe simulée une indifférence qui les fit tous rentrer dans le silence : le truc avait été éventé; car, prévenus par notre scheik de l’Akabah , nous n’avions pas cru que c'' était arrivé ^ et provisoirement ces honnêtes gens en étaient pour leurs frais.
Voici en quoi consistait leur petite comédie, véritable pantomime militaire digne des baraques foraines les plus naïves :
Avec grand fracas , les scheiks de Pétra et de Wadi- iAIouça se réunissaient, se parlaient bas, criaient, s’injuriaient ci s’embrassaient tour à tour.
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se mettaient à courir dans tous les sens, et se réunissaient encore pour s’embrasser de nouveau.
Ils présentaient assez bien l’aspect de ces jeux équestres où les cavaliers se groupent, se séparent et décrivent des circuits imprévus, pour se retrouver en masse; c’était un carrousel à pied qu’ils exécutaient devant nous. Des rats affolés par un terrier peuvent seuls donner une idée de ces évolutions grotesques. Darouth! harouth ! Allah! Allah! Tels étaient les cris dont ils agrémentaient cette représentation; et la nuit étant venue sans (jue nous ayons manifesté la moindre frayeur, tous les figurants disparurent, s’en allant bredouilles de cette petite tentative de terrorisme.
Ils nous laissèrent la paix pendant quelques jours, qui furent consciencieusement employés à faire des études des principaux sites de l’endroit. L’emplaceinent du Forum est dominé de toute part par les montagnes, qui en font un repaire inaccessible, et le Sik, que nous avions suivi, est peu fait pour favoriser une surprise de cette caverne de brigands. C’est là que se trouvent superposées en plus grande quantité ces nicbes sculptées, pures décorations, dont rien ne vient justifier la nécessité, puisqu’elles ne sont qu’extérieures, et ne servent d’entrée à aucune excavation qui en vaille la peine.
En descendant sur la gauche, dans la direction où va se perdre l’Ain-Mouça, on est frappé par un
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iiionunicnt qui se détache tout seul dans de beaucoup plus grandes proportions et dans un goût d’ornementation beaucoup plus sobre : c’est le Kassr- Firoun, le Château toujours de Pharaon, c’est convenu , quoique cette construction soit encore plus romaine que les antres dans ses formes massives et par les arcs en plein cintre dont on voit les restes. Ses murs mesurent au moins deux mètres cinquante centimètres d’épaisseur, ce qui donne une idée de sa solidité à toute épreuve; des triglyphes et des rosaces ornent sa frise, et contribuent au caractère à la fois plus simple et plus grandiose de ce palais. On voit à l’intérieur des traces de poutres indiquant les difTérents étages dont l’édifice se composait.
Ces lignes tranquilles reposent un peu l’œil fatigué du papillotage des autres monuments, véritables gâteaux où l’on éprouve l’envie de piquer une rose en papier.
Les légendes du pays entretiennent la tradition (|ue les Romains ont caché là des trésors considérables; et je comprends toute l’avidité des Arabes à vouloir dénicher la fève de ces belles pâtisseries. J’ai eu l’avantage de faire quelques études d’architecture, et, grand admirateur du grec en particulier, je prie le lecteur de me pardonner d’en vouloir un peu à ces joujoux merveilleux, qui dénotent chez