‹ Le Fayoum, le Sinaï et PétraChapitre 42 sur 47 · P ET R A · texte numérisé non relu

P ET R A

ramage panaché des mois d’argol les plus étrangers au Dictionnaire.

En considérant ces types d’hommes, qui devaient être complètement dépourvus de charme dans leur vie privée comme dans leur vie publique, je me demandais quelles pouvaient être les singulières compagnes de ces véritables brutes, lorsque le hasard me permit d’en surprendre une dans son costume national.

C’était au bord de V Aïn-Mouça ^ sous le frais ombrage de superbes lauriers-roses tout en fleur; J’étais fort occupé du nettoyage de mes brosses et de ma palette, lorsqu’un bruit de branches écartées derrière moi me fît subitement tourner la tête. A travers le feuillage qui m’environnait, je n’aperçus d’abord qu’une cruche; mais évidemment cette -cruche n’était pas seule, car, en Orient, qui voit une cruche doit bientôt apercevoir une femme.

Partant de ce principe, je voulus pousser plus loin ma perquisition : je *ne vis d’abord qu’une main petite et potelée, dont les ongles étaient soigneusement peints, suivant le déplorable usage des femmes arabes, qui détériorent ainsi par la teinture une bonne partie de leurs charmes naturels. Cette main... celte main... si jolie... m’avait attiré, et comme dans la Dame Blanche^ je m’avançais discrètement pour en considérer la propriétaire, lorsque je reculai subitement d’horreur et d’épouvante :

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