‹ Le fédéralisme dans la Haute-GaronneChapitre 15 sur 63 · ADR · texte numérisé non relu

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Une crise économique douloureuse était la conséquence inévitable de cet état de choses. C'était la gène générale par le défaut de monnaie que n’avait pas atténuée la création de billets locaux (1), par l’arrêt du commerce, c'était la crainte de la disette, les privations.

La population de la Haute-Garonne avait toujours eu en abondance des grains, des animaux domestiques. Située au centre d’une plaine fertile et riche, elle faisait le commerce des grains avec les régions avoisinantes. Or, Toulouse et le département souffrent de la disette. Déjà le 14 novembre 1792, les commissaires de la Convention, en mission dans les départements des Pyrénées : Carnot, Garrau et Lamarque, écrivaient au ministère de l'intérieur au sujet des régions qu’ils avaient parcourues : « Les subsistances sont près de manquer dans ces départements ; l’organisation des bataillons de volontaires nationaux viendra augmenter les besoins ; le pays qui est déjà près de la disette se trouvera dans la plus affreuse détresse » (2). En 1793, la situation s’est encore aggravée, les transactions sont à peu près impossibles (3), et le prix des denrées de première nécessité est fixé à un taux trop élevé (4). En mars, Toulouse manque

(1) Cf. Henri Martin, p. %, notes 1 et 2.

« Les billets de confiance avaient été émis à Toulouse par la Société des Amis de la Constitution, les communes de Castelnau d’Estrefonds, Fronton, Villemur, Verfeil, Pompignan, Montesquieu, Rieux, Muret, Grenade, Saint-Gaudens, Saint-Martin, etc. Le décret du 8 novembre 1792 les avait supprimés. »

(2) Correspondance générale de Carnot, "T.uI, p.258.

(3) I1 a été brûlé le 10 février rour 30.000 livres de billets de ville. Le 13 janvier, on en avait ibrûlé autant, et le 3 décembre précédent pour 56.822 livres, 3 sols, 6 deniers. (Journal et affiches du département de Haute-Garonne, 13 février 1793).

(4) Le 20 février, le corps municipal avait pris un arrêté fixant le bœuf à 18 sols la livre, le veau à 14 sols, le mouton à 23 sous, la vache à 12 sous.

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