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bout obliger ceux qui possédaient du blé à le vendre, ais en avril la situation est encore plus critique (1). Le 16 dé ce mois, la commune de Toulouse avait été autorisée à contracter un emprunt de 400.000 livres. La ville se trouvait, en effet, sans pain, sans ressources pour forger des armes et des munitions de guerre, sans atelier pour fabriquer le matériel indispensable aux armées en campagne. Dans le département, les villages se dépeuplaient, les terres restaient incultes faute de bras. Le prix du pain augmentait et les paysans ne Voulaient pas laisser sortir les céréales de leur commune. Quelquefois même, certains maires s’entendaient en Secret pour empêcher l'exportation, et quand les commerçants voulaient emporter les pains, des rassemblements se produisaient avec le pillage des boutiques.
Tous les documents de l’époque sont concluants sur la difficulté d'acheter du blé sur les marchés. À Cazères, gros centre agricole, où ne trouve plus de céréales ; à Revel, pas davantage. Le peu que l'ofi trouve dans certaines communes est difficilement transporté, car les routes sont mauvaises et point entretenues. Les agents des vivres n'ont d’autres moyens de transport que la voie dé réquisition äux laboureurs par ordre des corps administratifs. Ceux-ci agissent par force, gardent leur rancune qui s’accumule, se heurtent aux frais énormes de transports exigés par les Voituriers. Eh rnême temps, le prix dé l4 vie augmente (2), le malaise S’accroît et la population est prête à rendre responsable de sa misère le goüvérnement qui n'y peut rien.
(1) Le 29 mars 1793, le Comité, des subsistances avait fait des achats directs. (Archives départementales, Ei 755 . (2) En janvier, le prix du pain était de 30 livres. En mai, il est monté à 47 livres.