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poussées par la société populaire (1). Tandis que les modérés soutiennent les profiteurs de la crise finan- Cière, la société populaire réclame des administrateurs d'importantes manifestations patriotiques. C’est ainsi que le 14 avril 1793 avait lieu sur l’Esplanade, une fête à la mémoire de Lepelletier de Saint-Fargeau, poignardé en sortant de la séance de la Convention où il avait voté la mort de Louis XVI. Le but de cette cérémonie était de calmer l'esprit public, de le rassurer sur les sentiments républicains de ses administrateurs, et peut-être de lui faire oublier par une fête populaire, les sujets d'angoisse si pesants.
Tous prit part à cette fête : les troupes et les gardes nationales, les officiers municipaux de Toulouse et des districts, les autorités du département et des tribunaux, les membres de la société populaire. Des enfants habillés en garde nationaux portaient le livre « des Droits de l'homme et du citoyen » orné de festons ; des jeunes filles tenaient chacune une oriflamme aux trois couleurs. Le cortège partit de la maison commune, précédé de canons et d’un détachement de troupes de ligne. Cinquante jeunes citoyennes, vêtues de robes blanches coupées de ceintures noires, avec un voile flottant sur leurs épaules, une couronne de myrte et de fieurs sur la tête, une branche de chêne vert à la main, conduisaient chacune un enfant vêtu de blanc. L'’effigie de Lepelletier de grandeur naturelle, étendue sur un lit à l’antique, laissant voir à découvert sa blessure saignante, était portée par douze sapeurs.
Au milieu du Champ de Mars, s'élevait une pyramide sépulcrale de cent pieds de hauteur. Dans l’intérieur de la pyramide était un sarcophage destiné à
(1) Le 9 avril, le club littéraire et patriotique ou société des amis de la Constitution prend le nom de société ponulaire.