‹ Le fédéralisme dans la Haute-GaronneChapitre 25 sur 63 · IGN EE · texte numérisé non relu

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Toulouse, aussi un sursis de faveur jusqu’au 29 mai leur fût-il accordé.

Les projets de Chabot étaient ainsi renversés ; il comptait s'appuyer sur les délégués des Sociétés populaires pour lutter contre les corps constitués de la Haute-Garonne. Leur attitude le surprit et il en conçoit une violente irritation. La Société populaire troublée s’alarma aussi. Elle se souleva contre les administrateurs, les dénonça comme dangereux pour la République. Elle fit un appel aux citoyens pour leur prouver la nécessité de déjouer les projets des modérés. feuillants. aristocrates (1). Elle fit même un appel aux femmes qu'elle invita à arborer la cocarde tricolore (2).

Mais les corps constitués avaient pris nettement position. Pour mieux lutter contre les Jacobins, ils décident la création d’un Comité populaire de salut public. Le Conseil du département décide que ce Comité sera composé comme suit :

4 administrateurs du département ;

4 administrateurs du district ;

4 membres de la municipalité ou Conseil général de la commune.

1 membre de chaque tribunal ; criminel, civil, de commerce, justice de paix et bureau de conciliation, ainsi que du procureur-général-syndic, du procureursyndic du district et du procureur de la commune.

Le Comité doit indiquer par affiches les jours et heures de ses assemblées afin que le peuple en soit instruit.

L'assemblée, conformément à l’avis de la commis-

(1) On a annoncé « qu’il y avait des sociétés dans cette ville composées en grande partie d’aristocrates, et qu'il serait urgent de les faire dissoudre pour que l'esprit public n’en soit pas perverti. » (Archives départementales, L. 750).

(2) Prix fixé à 10 sols.

sion a délibéré que « tous les bons citoyens sages et instruits sont invités, au nom de la patrie, à porter à ce comité le tribut de leurs découvertes, de leurs pensées, de leurs réflexions sur les meilleurs moyens de nourrir, éclairer, défendre le peuple et faire son bonheur » (1).

Or, ce comité de salui public ne fut créé que pour lutter contre les Jacobins. Son premier soin fut de dénoncer Chabot, Celui-ci, après l'échec de ses projets, inquiet des lettres à la Convention Nationale, était parti pour Paris dans l'intention de dénoncer au gouvernement le département de la Haute-Garonne comme contre-révolutionnaire et ami des Girondins. Ï1 voulait aussi se venger de ses ennemis et sa haine ne désarmera pas. Il se souvenait trop des attaques violentes dont il avait été l’objet. Il était donc parti de Toulouse lorsque le Conseil du département décida de charger le Comité de Salut public de la « dénonce » contre « Chabot, cet homme odieux qui semble n'avoir réuni deux sacerdoces que pour Jes dégrader tous les deux... ce prêtre sanguinaire, ce législateur immoral » (2).

Cette « dénonce » devait être présentée à la Convention « par un dépuié extraordinaire que le Comité de Salut public nommera pour être statué à la prochaine séance sur son prompt départ (3).

Le Comité de salut public rédigea une « dénonce » (4) violente comprenant le détail de tous les griefs

énoncés, ne doutant pas un instant de l’approba-

{4j 2 juin 1793, Délibérations du Conseil général de département.

(ES) (2) Journal de la Haute-Garonne. Numéro du 1* juin 1793. (3) 5 juin 1793. — Délibérations du Conseil de département. (L. 37).

(4j Voici le texte du rapport contre Chabot : ; François Chabot, sans mandat, sans pouvoir dans le département de la Haute-Garonne, s’est livré à des procédés arbitraires, des abus d'autorité, des actes d’oppression ; il a compromis l’ordre public,

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tion de la Convention nationale, Enfin, dans une adresse à « leurs concitoyens, les autorités légales exposaient les raisons pour lesquelles elles s'étaient opposées au congrès organisé par Chabot. Dans leur indignation, elles s’exprimaient ainsi : « Il n’est plus possible de vous le dissimuler, une horde de scélérats, l’écume de la Révolution, semble s'être divisée à la fois tous les départements de la République, pour y

attenté aux pouvoirs de la Convention, à l’unité de la République en provoquant une sorte de congrès de plusieurs représentants du peuple et des sociétés populaires du Midi.

I1 s’est déclaré ouvertement désorganisateur et anarchiste, en exaltant le ræuple à l'insurrection et prêchant l’avilissement de la Convention nationale et des autorités constituées, la violation des propriétés, l’oubli de la morale et de toutes les convenances sociales.

Défaut de pouvoir. — La Convention nationale a délégué Mailhe, et Lachaux dans les départements de Haute-Garonne et de l'Aude pour surveiller et presser le recrutement de 300.000 hommes destinés à compléter notre armée. Chabot et Ysabeau ont été délégués dans le département du Tarn et de l'Aveyron. Leur mission était exclusive de tout autre arrondissement.

Un 2° décret du 30 avril a révoqué leurs pouvoirs, et leur enjoignant de rentrer de suite à Paris. Donc, il était sans mandat et sans pouvoir à Toulouse le 15 mai, et son poste était à la Convention nationale.

Procédés arbitraires. — Chabot, quoique circonscrit dans les seuls départements du Tarn et de l'Aveyron, a pris la qualité et déployé à Toulouse le caractère du représentant du peuple dans les départements du Midi de la République. IL a écrit, donné des conseils ou intimé des ordres aux généraux de l’armée des Pyrénées-Orientales. Sur la demande de la Société populaire de Toulouse de faire arrêter le chef d'état-major Lacuée, il a reçu le délibéré, mandé le général inculpé contre lequel il avait opiné à la séance publique de la Société et prononcé avec le représentant Lachaux; qu'il força de se réunir à lui.

Abus d’'&utorité. — Cinq volontaires, prévenus de vol d'objets exposés sous la foi publique, sont mis en état d’arrestation par l'officier de police, en état d'accusation par le jury, conduits à la maison de justice et, au moment d’être jugés jar le tribunal criminel, Chabot, plus puissant que la loi, fait lever l’écrou et mettre les prévenus en liberté d’après un ordre arbitraire signé de lui seul. Quatre canonniers volontaires, inculpés de pillage dans la campagne, à main armée, sont renvoyés par l'officier de police au directeur du jury et sont détenus dans la maison d'arrêt: même ordre, même conduite illégale. , : ?

Actes d'oppression. — Dans un moment de fermentation produite à la Société populaire par ses discours incendiaires et sur des rapports calomnieux, il a’ forcé les représentants Maïilhe et Lachaux de rendre et signer avec lui un mandat d'arrêt contre le commandant de la Garde nationale, excellent citoyen, en abusant de leur prudence, de la juste crainte que des partis exaspérés n'en vinssent aux mains. Au moment où les autorités constituées étaient assemblées à

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