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laire à toute les communes pour les inviter à se rallier autour de la Convention Nationale, à exécuter religieusement tous les décrets qui émanent de son sein, et à rejeter toute proposition contraire (1). Dans certaines communes des troubles éclatent, comme à Verfeuil, où les Jacobins protestent violemment contre la politique girondine du département (2). Quelques municipalités comme celle de Fronton, de Saint-Martory, improuvent la conduite des corps constitués. Elles le font savoir à la Société populaire de Toulouse (3) Mais ce ne sont que des protestations isolées. Dans son ensemble, le département tout entier est avec Tou-
louse.
Ainsi donc, la situation pouvait laisser prévoir le triomphe du fédéralisme. Bordeaux attendait les secours de Toulouse en argent et en hommes pour marcher sur Paris. La Haute-Garonne avait. reçu l'adresse de la Gironde et aussi celle des Bouches-du- Rhône, par laquelle Marseille appelait tous les Fran-
(1) Procès-verbal de la Convention Nationale: p. 295.
(2) Nous avons une lettre intéressante à ce sujet du citoyen Pelegry, maire de Verfeil, adressée au Procureur synôic du département:
. « Au moment où j'invitais fortement mes concitoyens à adopter la rroposition de nommer un député pour aller à Toulouse assister aux séances des corps constitués réunis, que par l'impulsion d’un sentiment contraire et d’un ton qui me convient qu’à des anarchistes, les citoyens Maurel et Raynal, maire de Bonrepos, et quelques autres de leurs partisans, m'ont coupé la parole, et, cherchant à insinuer de la défaveur contre les mesures de sagesse et de prudence que les corps constitués viennent de prendre dans ces circonstances périlleuses, faisant en même temps l'éloge des Parisiens, ont fini par déserter l'assemblée, lorsque, pour les ramener à l'ordre, je les ai menacés de verbaliser contre eux.
A l'exemple des chefs de cette espèce de révolte, certains autres citoyens ont déserté aussi, et de concert, ils se sont réunis sous la halle où ils ont, m’a-t-on dit, dressé procès-verbal contre moi...
Les intransigeants dont je vous parle avaient tellement fait naître de défiance contre les corps constitués qui veulent arrêter les progrès des factieux et des anarchistes de Paris qu’on n’a pas voulu abolument nommer de députés. »
Verfeil, le 24 juin 1793.
Signé :
Le Maire de Verfeil: Pelegry.
(3) Délibérations de la Société populaire de 26 juin 1793. (L. 750}