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mesure qui aggravait les lenteurs et les flottements, lorsqu'une nouvelle venant de Bordeaux vint surprendre les autorités légales : c'était un arrêté de la Commission populaire de Salut public de la Gironde, en date du 19 juin, relatif à une réunion projetée à Bourges, pour le 16 juillet suivant, de deux commissaires de chaque département fédéré, avec une escorte de 100 hommes au moins, et de 200 au plus. Il s’agissait de réunir ces députés en assemblée insurgée contre la Montagne ef exercer les fonctions de représentants du peuple.
L'instant était grave. La proposition des Bordelais voulait la rupture immédiate avec Paris, l’établissement d'une assemblée de province où l’on pourrait délibérer sur l’organisation de la République fédérative pojetée. Seul, l'accord de tous les départements du Midi pouvait permettre la réalisation de ce projet. Il ne fallait plus se borner à des déclarations verbales, il fallait agir et agir vite.
De ce qui précède, il serait aisé de déduire l’adhésion de Toulouse. On pourrait penser que la vieille ville des Parlementaires et des traditions provinciales allait faire le geste décisif : il n’en fut rien. Contrairement à ce que pouvaient laisser prévoir ses adresses et déclarations si violentes, le Conseil général du département, réuni le 25 juin 1793, refusa d'accepter les propositions de Bordeaux, Sur les conclusions du Procureur-syndic du département, il déclare que : « la réunion proposée présente au premier aperçu, des résultats opposés à ceux qu’elle se promet, qu'il est impossible de ne pas voir dans la confédération départementale telle qu'elle est demandée dans l'arrêté, une scission avec les départements qui ne veulent pas l’adopter et avec la Convention elle-même ; que cette scission doit être nécessairement le signal de La
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guerre civile, qu'il est si essentiel de prévenir dans un moment où la République est cernée par des armées formidables ».
En conséquence, le Conseil général du département arrête (1) :
1° Qu'il ne peut ni ne doit adhérer à la réunion projetée par la dite commission populaire ;
2° Qu'il invite la dite commission à renoncer à ce projet qui paraît vraiment désastreux et à demeurer inébranlablement attachée à la Convention Nationale, comme le point central de tous les vrais républicains qui sont profondément pénétrés de la situation actuelle de la France.
3° Que le présent arrêté sera envoyé à la Commission populaire de la Gironde par le procureur-général-syndic provisoire qui demeure chargé de répondre à la lettre qu'elle a écrite au département le 19 de ce mois.
Cet arrêté, plein de sagesse, et aussi plein de craintes pour les destinées de la patrie, est d’une importance capitale. Il devait être soumis aux commissaires des assemblées primaires qui allaient se réunir au nombre de 73, dans l’église des ci-devant Pénitents bleus.
Ainsi Toulouse et la Haute-Garonne brisaient, par un refus, l'union du parti fédéraliste.
(1) Délibérations du Conseil général du département (7. 39).