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(2) Délibérations du Corps municipal du 9 Frimaire, an II.
(3) Le 9 Frimaire, an II, avant la représentation de Guillaume Tell, un discours fut prononcé par le citoyen Chavardez, officier municipal, après délibération de la municipalité.
Un drapeau tricolore fut suspendu à la voûte de la salle de spectacle afin que cette image de la Liberté soit toujours présente aux yeux des spectateurs. (L. 2567. Liasse).
(4) Lorsque la municipalité dut payer cette somme, elle voulut retenir 2.971 livres que lui devait Lecomte, pour la location de la salle de Spectacle. On transigea et sur les instances de Desbarreaux, les comédiens reçurent la moitié de la somme allouée, soit 1.500 livres. (L. 2567).
Mmontraient très patriotes (1). Elles étaient sûres ainsi, paraît-il, de prévenir le public en leur faveur et d’être fortement applaudies. À partir du 4 Frimaire, l'hymne de la Liberté fut chanté au début de chaque représentation (2).
Ainsi les autorités montagnardes soutenaient le patriotisme populaire par le théâtre et les représentations (3). Mais il n'était pas suffisant d'agir sur l’esprit public : il fallait surtout influencer la jeunesse. Elle représentait, comme à toute autre époque, l’avenir immédiat, et tous ceux qui pensaient travailler Pour le gouvernement du lendemain comprenaient qu’il était indispensable de la gagner.
C'est dans ce but qu’au milieu de difficultés sans nombre, malgré les préoccupations matérielles et politiques, les administrateurs du département organisèrent l’enseignement public. Nous avons vu que l'Université de Toulouse avait été supprimée, et que cette Suppression avait été accueillie par l'indifférence générale. Il fallait tout refaire. I1 fallait surtout refaire autrement, en suivant les principes de la Révolution, et organiser un enseignement populaire.
Le 29 Frimaire, an Il, un arrêté du Conseil Général
() Le 18 Frimaire, an II, la citoyenne Milord, actrice, prononça à la société populaire, au nom de ses camarades de théâtre, un discours patriotique qui fut fort applaudi. Le Président de la société populaire donna l’accolade à la citoyenne Milord et à ses compagnes. (L. 751).
(2) Lettre de Descombels aux citoyens pensionnaires du théâtre de la République :
«Je dois vous prévenir, citoyens, qu’un arrêté du Comité de Salut public du 4 Frimaire, ordonne que tous les jours de décade l'hymne de la Liberté sera chanté à grand orchestre dans tous les spectacles de la République. Je vous prie de vous y conformer, et de m'accuser réception de cette lettre. » (L. 68).
(3) Les artistes se montraient charitables et généreux envers les indigents. Le 18 Frimaire, ils avaient offert aux malheureux une représentation dont ils ont versé le produit à la caisse du Comité de ‘bienfaisance (L, 751),
du département (1) ébauchait l'organisation d’un enseignement public gratuit, provisoire. Une seule bibliothèque devait exister. Mais on maintenait momentanément la ci-devant bibliothèque du clergé et celle du collège national. Les montagnards voulaient se défendre de l’accusation d’ignorance que les Girondins portaient contre eux. Ils voulaient prouver que les soucis politiques ne les empêchaient pas de s'occuper des choses de l'esprit. Le 9 Nivôse, le « Journal Révolutionnaire de Toulouse » imprimait ces lignes : « Les malveillants disent que la Révolution va nous plonger dans le chaos de l'ignorance. Toulouse « temple des arts et de la philosophie », se devait de réagir ».
Le 19 pluviôse (2), l'administration centrale du département nomma les professeurs, les bibliothécaires et autres attachés à l’enseignement public. Les cours devaient être faits au Collège national. Ils devaient surtout exalter les vertus civiques et la grandeur de l'œuvre révolutionnaire. La liste des professeurs fui naturellement soumise à l'examen épuratoire du Comité de surveillance de la société populaire qui l’approuva. Un arrêté du département, en date du 22 Nivôse, organisa un cours public d'accouchement pour
(1) Le 4 Nivôse, an II (25 décembre 1793), en exécution du décret de la Convention Nationale du 14 Frimaire portant suppression des Conseils Généraux des départements, le citoyen Lafont, président du Conseil Général du Départemént de la Haute-Garonne, arrôte 18 registre ‘au 29 Frimaire.
(7 Lettre du Président de l'administration centrale du département au Président du district de Toulouse.
« Les différentes tribunes, citoyen collègue, relatives à l'enseignement public devant être mises en activité le premier jour de la prochaine décade, il est indisrênsable de placer dans les locaux destinés à ces tribunes un certain nombre de chaises nécessaires pour les commodités des élèves et du public qui se rendront à l’enseignement. Je pense qu'il en faudrait 5 à 600. Je te prie, en conséauence, de vouloir bien me les procurér. Il te sera d'autant plus facile parce qu’il y en avait beaucoup dans les différentes églises dont les clefs sont en tom pouvoir. »
(Correspondance du Président de l'administration centrale du dériartement du 4 nuviôse an II au 17 nmuviose an IV). L. 69.
les femmes de la campagne C'était une heureuse innovation (1).
L'ouverture des cours, ou plus exactement l’installation des professeurs, eut lieu dans une séance publique tenue le 5 Pluviôse (24 janvier 1794) à la Chapelle des ci-devant Pénitents bleus, en présence des représentants du peuple, des corps administratifs et judiciaires, des membres de la société populaire et de tout l'état-major (2). Les citoyens professeurs, au nombre de 34, avaient été prévenus de leur installation solennelle par la lettre suivante (3) : « L'ouverture
(1) Lettre du Président de l’administration centrale du département au Président de la société populaire de Toulouse :
« L'administration du département a arrêté qu’il y aurait une tribune de plus dans son enseignement provisoire. C'est un cours public d’accouchement pour les femmes de la campagne. Elle a mommé en conséquence le citoyen Villar pour le professer. Elle a cru devoir vous en Irévenir et vous prie de ne pas retarder l'envoi de la liste générale pour que nous puissions mettre (de suite} l’enseignement en activité. »
(Correspondance du Président de l'administration centrale du département du 4 nivôse an II au 17 nivôse an IV). L. 69.
(2) Les corps constitués, les menibres des administrations judiciaires, de la société populaire, de l'état-major, de la grade soldée avaient recu la circulaire suivante, datée du 4 pluviôse an II.
« Citoyens coopérateurs, l’ouvertures des cours de l’enseignement provisoire devant avoir lieu demain quintidi Pluviôse, par une séance publique, l’administration me charge de vous inviter à y assister.
Elle se fera dans la ci devant église des Pénitents bleus. Le point de réunion sera la Maison Commune, à 3 heures.
Salut et Fraternité.
(Lettre du Président de l'administration centrale du Département).
(3) Voici les noms des principaux professeurs nommés par l’administration du Département après approbation du Comité de surveillance de la société por'ulaire :
Larromiguière et Bellecour: Droits de l'Homme et devoirs du
citoyen.
Olléac : Mathématiques.
Lacaze : Géométrie, navigation, artillerie.
Benet: Logique physique.
Carrère : Grammaire et art d'écrire.
Carré: Belles-lettres, éloquence.
Lafont: Physique expérimentale,
Libes: Chimie.
Malliot : Histoire.
Benaben: Géographie et histoire populaire des peuples.
Sous-lieutenant Vialas: Evolution militaire.
Castillon : Bibliothécaire du collège national.
des cours de l’enseignement public provisoire se fera demain, quintidi Pluviôse. Je t'invite, au nom de l’administration, à assister à celte séance qui aura lieu dans la ci-devant église des Pénitents Bleus, à te rendre à la Maison Commune à 3 heures précises. Au lieu du costumé grotesque et du bonnet de Docteur, tu voudras bien te pourvoir du bonnet de la liberté. C’est la parure du vrai républicain » (A
Les professeurs prévenus, les autorités, auxquelles s'étaient joints les directeurs des théâtres, les artistes, les deux orchestres, se réunirent à la Maison Commune et de là se rendirent à l’église des Pénitents bleus, escortés de la Garde Nationale, de la garde soldée, d’un piquet de 150 hommes et précédés d’une musique militaire. Ils étaient tous coiffés du bonnet de la liberté. Arrivés à l’ancienne chapelle, ils prétèrent serment solennel de fidélité à la République et à leurs devoirs. Puis deux des nouveaux professeurs, Bellecour fils (2), professeur des droits de l’homme, et Carré, professeur d'’éloquence, montèrent à la tribune pour glorifier l'œuvre de la Convention et « le triomphe de la Raison ».
Berthoumieu: Bibliothécaire du ci-devant clergé.
Vidal: Astronomie.
Larrey : Anatomie.
Brun : Pathologie.
Lamarque : Médecine théorique.
Pérolle : Médecine pratique.
Villars : Cours d'accouchement pour les femmes de la campagne.
Ferrière: Culture et jardinage.
Bouillon : Art vétérinaire.
Benazet : Géométrie transcendante.
Sucur : Dessin.
Lucas aîné: Modèle vivant.
Bertrand : Peinture.
Vigan : Sculpture.
Cammas : Architecture, L. 69.
(1) Lettre de l'agent national du district de Toulouse, aux 34 professeurs de Toulouse, 4 pluviôse, an II (L. 69).
(2/ Bellecour prononçait souvent des discours au temple de la Raison. Il s'élevait surtout contre le fanatisme. C’est ainsi que la 1® décade de Ventôse an II, il flétrit « les chaînes formées par les siècles d'ignorance et d'erreur, » (Archives communales D 4!)