PRÉFACE . XXIII
d'anéantir. les races latines tournera contre ellemême; et il aura pour fin nécessaire Tavénement d'une nouvelle époque de l'Idée révolutionnaire, par le groupement IcJératif de la race latine.
Je ne dissimulerai point — et c'est par là que je veux finir — que, si affranchi d'esprit que m'ait fait mon siècle, je ne regarde pas les questions religieuses avec la superbe de quelques âmes, sans doute plus fortes que la mienne. Ce n'est point que j'appartienne à aucune confession ni à cette théorie de la religion dite naturelle^ qui est une des inventions les plus ébouriffantes du génie bourgeois et à laquelle, je l'avouerai, le fétichisme, le plus naïf des peuplades les plus sauvages me paraît très-supérieur^ au point de vue de l'art comme»à celui de la morale et même de la philosophie. Je ne suis donc d'aucune Eglise ni d'aucun système; mais ici, cependant, quelle horreur que l'oQ ait de ces distinguo^ si employés en théologie, il faut bien distinguer, malgi^é qu'on en ait.
Si j'ai suffisamment de titres à être appelé athée par NN. SS. les évêques ou les ouailles fidèles, qui vont bêlant sous leur bâton pastoral ; si mes opinions ou mes sentiments — comme on voudra — ne peuvent se codifier en quoi que ce soit qui ait Tair d'une religion, à entendre ce mot comme Tentendent nos mystiques, il ne s'ensuit pas que mes rapports de toute sorte, par les sens, par la pensée ou par l'imagination, avec les choses de la nature et de l'histaire, n'aient point suscité ou déposé en moi des Impressions et des idées qui sont de l'ordre religieux. Mais, estimant que ces sortes de visions sont tout à fait personnelles, et hostile autant aux dogmes insolents qui prétendent posséder la vérité qu'à l'intolérance présomptueuse de certaines écoles qui, d'ores et déjà, annoncent qu'elles vont bannir de l'intelligence hun^aine toutes les anxieuses curiosités de l'être et du devenir, je me contenterai d'exposer à mes lecteurs mes conclusions toutes pratiques sur ce sujet. Le . développement de ce que je demanderai à appeler mes idées spéculatives, qui éclatent d'ailleurs çà et là dans ce volume, — n'a rien à voir dans cette préface, n'étant point le sujet de ce livre. '
Maisjene saurais laisser supposer que je m'isole, en quoi que ce soit, du grand combat moderne de la liberté contre le catholicisme, et de la pensée, je dirai plus, de la moralité contemporaine contre une